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 Sujet du message : LA BATELLERIE
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LA BATELLERIE


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PRÉAMBULE :

L'histoire ne serait-t-elle pas un éternel recommencement ? :


A Janville, les bateliers crient leur colère contre le canal Seine-Nord

« Démesuré », « pharaonique », « complètement à côté de la plaque ». Les bateliers du Compiégnois ne manquent pas de qualificatifs pour le futur canal Seine-Nord-Europe. ils ont crié leur colère lundi soir, lors d'une réunion publique à Janville, où une quarantaine d'entre eux a leur port d'attache...
Extrait de l'édition du Parisien du 13 décembre 2016



Reportons-nous maintenant il y a plus de quatre-vingts ans, dans la période qui nous intéresse : les années 1930 mais surtout 1940.

Comment la corporation des bateliers d'alors a-t-elle vécu cette période ?


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Après la bataille de France de mai et juin 1940, la batellerie a été brutalement interrompue et désorganisée par l'invasion allemande.
L'acheminement des marchandises indispensables (charbon, céréales, matériaux de construction) fut malmené du fait des pénuries et des restrictions imposées dans un contexte de guerre alors que les troupes d'occupation pillaient les ressources économiques du pays.
Sur l'Oise et sur tous les cours d'eau de Picardie, mais aussi en général sur tous ceux de la zone occupée par les Allemands, Les bombardements et la destruction des infrastructures fluviales tels que Les ponts et les écluses vinrent perturber la circulation des péniches. Dès lors, L’activité économique fluviale eut du mal à reprendre et à normaliser ses activités et ce n'est que très lentement après cette épreuve qu'elle pourra recouvrer un niveau convenable.



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Dans les années L'entre-deux-guerres, être marinier dans la batellerie à Longueil-Annel (Oise) par exemle, signifiait vivre au rythme du canal de l'Oise. Là, de nombreuses péniches s'amarraient et stationnaient près des écluses et des familles entières de bateliers dépendaient de cette activité de transport.



Pour comprendre ce secteur d'activité et appréhender l'ensemble des facteurs liés à la Batellerie reportons-nous au début des années 1930. Comme dans d'autres branches de la vie économique, la grave crise des années 1930 n'a pas épargnée le milieu des bateliers.


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Voir sur ce sujet une contribution importante : NAVIGATIONS D'OISE par Bernard Le Sueur
Société Historique de Compiègne
https://histoire-compiegne.com/wp-conte ... AN55-6.pdf


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En 1931, au recensement de la population de SEMPIGNY, près de Noyon, le recenseur notait que, sur une population d'un peu plus de 500 personnes, la population des mariniers s'élevait à 89 individus répartis sur 27 bateaux soit 67 Français et 22 étrangers.


La même année, dirigeons-nous vers LONGUEIL-ANNEL, situé à 80 kilomètres de Paris et à moins de 10 kilomètres de Compiègne et qui compte une population d'environ 1200 âmes. Ici on peut parler de carrefour batelier. C'est en effet, pour le moins, une centaine de professionnels qui gravitent et vivent de la batellerie (sans compter les membres de leurs familles), dans un bourg fortement marqué par cette activité. Ainsi, l'avenue des Chantiers à Longueil-Annel concentre-t-elle un maximum de professionnels de la batellerie.

Pilotes : 66
et
Mariniers : 9 *

Garde de navigation : 3
Charpentiers de bateaux : 3
employé marine : I
Aide à la marine : I
Capitaine de remorqueur : 3
Second de remorqueur : 2
Agent de remorqueur : 3
Mécanicien de remorqueur : I
Patron de transports par eau : 3
Chef éclusier : I

Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 6702_Mi_A68_610
Recensement de la population pour l'année 1931


* Le pilote ou conducteur dans la batellerie, aussi appelé batelier ou marinier, dirige et manœuvre des bateaux de transport sur les rivières, les fleuves et les canaux. A noter que dans le recensement de Longueil-Annel le terme "Batelier" n'est pas usité.


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Le Matin : derniers télégrammes de la nuit édition du 13 septembre 1933

LE CONFLIT DE LA BATELLERIE REBONDIT BRUSQUEMENT

Un barrage est à nouveau établi sur l'Oise

à Conflans-Sainte-Honorine, un incident à propos d'une péniche trématée a été le prétexte de ce mouvement dont le caractère est nettement politique.

Le conflit de la batellerie, que l'on croyait définitivement apaisé, vient de renaître, hier soir, dans des conditions telles qu'il n'est pas possible de douter du caractère purement politique du mouvement.
Le prétexte en a été un incident qui s'est produit à l'écluse de Janville, à Longueil-Aunel (Oise), une fois de plus, à propos du droit de trématage ou droit de priorité qu'ont certaines péniches aux écluses. Une péniche transportant de l'orge, ayant été autorisée par l'ingénieur en chef de la navigation à passer avant les trains de péniches, en raison du caractère périssable de son chargement, les mariniers, retardés par le passage à l'écluse, émirent des protestations et décidèrent de cesser toute navigation. En effet, hier matin, ils restaient accostés à la rive et sur un mot d'ordre instantanément transmis, une centaine de mariniers étaient convoqués à une réunion par un tract du syndicat unitaire de la batellerie signé « le comité de grève ». Ce meeting se tint, à 15 heures. a Longueil, et se termina sans incident vers 18 heures. Ainsi qu'il fallait s'y attendre, devant le caractère du nouveau mouvement. c'est la grève à outrance qui a été décrétée. Des mots d'ordre ont, d'ailleurs, aussitôt, été lancés préconisant la création de barrages sur les voies navigables.
Aussitôt, quatre-vingts péniches se trouvant encore aux abords de Conflans-Sainte-Honorine et de Conflans-Fin d'Oise, les mariniers établirent un certain nombre d'entre elles en un barrage de douze unités.
M. Dumoulin, chef de cabinet de M. Bonnefoy-Sibour, préfet de Seine-et-Oise, actuellement en vacances dans le Midi, fut immédiatement avisé télégraphiquement de la reprise brusque de la grève.
Il se rendit sur place, accompagné du commandant Marguet, chef de la gendarmerie de Seine-et-Oise, du capitaine Chamouton, commandant la section de Saint-Germain, et du commissaire spécial Bachelot.
Les grévistes firent savoir à M. Dumoulin qu'ils étaient mécontents que les promesses qui leur avaient été faites lors de la première grève n'eussent pas été tenues.
Le représentant, du préfet se rendit alors à Paris auprès du ministre des travaux publics pour demander des instructions.

Les origines du mouvement

Ce nouveau mouvement ne peut se justifier par aucune considération de métier. Il ne peut même plus être question d'opposer les propriétaires de péniches tractionnées à ceux d'automoteurs puisque, renseignements pris à bonne source, le bateau chargé d'orge qui déclencha le conflit était un bateau tractionné.
Le régime actuel des permis de trématage. tel que nous l'a exposé, hier après-midi, M. Alix, ingénieur de la navigation, institué le 1er septembre, a jusqu'ici fonctionné sans incident.
Seules les denrées périssables peuvent, en effet, en bénéficier deux modalités de délivrance de ces permis ont été retenues, l'une pour l'orge et les escourgeons de brasserie qui ont plein droit au permis parce que particulièrement sensibles aux fermentations, l'autre pour les grains et farines aussitôt qu'un représentant de l'administration a constaté qu'il y avait danger d'échauffement par fermentation.

La liberté de circulation sera maintenue

En tout cas pour le moment, on envisage de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la libre circulation des bateaux qui désireront poursuivre leur route. Dans le sein de la corporation l'unanimité est, en effet loin d'être faite sur l'opportunité de l'arrêt des relations par eau. Les mariniers d'automoteurs ont d'ailleurs déjà protesté dans le courant de l'après-midi. Il semble peu probable que les pouvoirs publics. qui se sont montrés tout à fait arrangeants lors du conflit du mois dernier, puissent garder la même attitude devant le peu de résultats de leur effort de conciliation.
D'ores et déjà deux pelotons de gardes mobiles ont été envoyés à Conflans pour assurer le service d'ordre. Dans la matinée d'aujourd'hui une délégation de bateliers grévistes sera reçue pour le ministre des travaux publics.
M. Bonnefoy-Sibour, préfet de Seine-et-Oise, à la suite de ce nouvel incident, a été rappelé télégraphiquement.

A Chauny

Les mariniers de passage dans le port de Chauny ont cessé le travail hier à midi. De nombreuses péniches sont ancrées dans le port laissant cependant un chenal pour la circulation.

A Béthune

Boulogne-sur-Mer. 12 septembre. Téléph. Matin. Un incident vient d'éclater cet après-midi à Béthune. Certains mariniers soutenus par le syndicat unitaire de Dunkerque de la batellerie ont émis la prétention de ne plus remorquer les péniches par groupes. mais par deux. De ce fait un certain nombre de bateaux sont immobilisés.

Une note de la ligue des mariniers d'automoteurs

La ligue des mariniers d'automoteurs communiquait, hier, une note disant notamment :

L'ordre relatif qui a régné depuis la grève tient à une certaine confusion dans les esprits sur, les décisions du ministre. La liberté du travail a bien été garantie en droit par le ministre, mais en fait il a fallu, depuis quinze jours, interdire toute navigation entre 7 heures du soir et 6 heures du matin, interdire tout trématage, c'est-à-dire réaliser en fait tous les vœux des grévistes. Le manque d'eau et l'embouteillage du canal a nécessité, en effet, ces mesures transitoires, mais les grévistes se disent vainqueurs et entendent défendre chèrement leur victoire. C'est pourquoi, au fur à mesure que l'on cherche à revenir à l'application normale de la loi, les incidents se multiplient.
Les mariniers d'automoteurs entendent défendre énergiquement la liberté du travail. Réunis ce jour au nombre de vingt-cinq à l'écluse de Venette, en aval de Janville, ils ont décidé, s'il le fallait, de requérir la force publique qui ne peut leur être refusée. Ils se disent prêts, en même temps, à assigner en dommages-intérêts importants tout bateau les gênant dans leur marche.


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La grève des mariniers

La situation est calme

A Longueil Annel, les bords de l'Oise qui présentaient une animation de mauvais augure sont redevenus hier absolument calmes. Ce matin, seuls de petits groupes de gendarmes circulent autour de l'écluse, surveillant les éclusées de bateaux automoteurs, qui se poursuivent sans interruption.
Cet après-midi, un petit cortège de mariniers a défilé et les commerçants, en signe de fraternité avec les grévistes, avaient décidé de fermer leurs magasins.
Dans la matinée, le tribunal civil de Compiègne s'est occupé de régler le sort des manifestants arrêtés hier pour entrave à la liberté du travail, outrages et rébellion, et a confirmé pour trois jours les mandats de dépôt.

Voici les noms des seize personnes maintenues en état d'arrestation : Roger Amant, 28 ans, d'Andresy ; Jacques Broquet, 18 ans, de Thun ; Norbert Couteau, 38 ans, de Courchelette ; Kléber Couteau, 32 ans de Thun ; Roger Dourlent, 28 ans ; Stéphane Dugour, 38 ans ; André Castalle, 20 ans ; Roger Chilain, 22 ans ; Mme Dufour, née Stéphane Leduc, 33 ans, tous cinq de Janville ; Maurice Legraverend, 31 ans, de Rouen ; Prosper Merlevede, 19 ans, de Janville * ; Odilin et Virgile Talmant, de Maulde ; Eustache Verrier, 64 ans, rie Thun ; Waessem Raoul, 47 ans, de Douai et Paul Wibaut, 31 ans, de Janville.
Tous seront, très probablement, jugés lundi après-midi par le tribunal correctionnel.
Les mariniers que nous avons pu interroger nous ont fait part de leurs revendications : fermeture des écluses, en été de 19 heures à 6 heures et en hiver du coucher au lever du Soleil ; suppression de tous les services accélérés, sauf pour les denrées périssables ; suppression du trématage * aux écluses et recul des poteaux de trématage * à cinq cent mètres avant les écluses.

Pour le moment, ils déclarent vouloir pousser la grève jusqu'à ce qu'ils aient obtenu satisfaction entière.

Sources : L'Homme libre, édition du 15 septembre 1933
Site Gallica de la BNF


* Le trématage est un terme de la navigation fluviale qui désigne l'action de dépasser un bateau sur une voie d'eau navigable


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Le Petit Journal, édition du 15 septembre 1933

Compiègne, 14 Sept. (dép. P. J.). (article idem à L'Homme libre)


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* Prosper Albert MERLEVEDE
Né le 12 mars 1914 à Chauny (Aisne)
Décédé le 3 avril 1992 à Bois-Bernard (Pas-de-Calais), à l'âge de 78 ans.


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1934


L'article ci-dessous nous apporte un éclairage sur le rôle du pilote :
Les pilotes de péniches prennent place sur les chalands pour les parcours en rivière afin d'aider le pénichien, propriétaire de son bateau.




Des mariniers chômeurs occupent la mairie de Longueil-Annel

Une certaine effervescence règne à nouveau parmi les mariniers. Un curieux et symptomatique incident s'est produit à Longueil-Annel où, vendredi à 2 heures, quarante pilotes de péniches ont pris possession de la mairie. Ils veulent ainsi forcer la municipalité à leur verser l'indemnité de chômage à laquelle ils déclarent avoir droit. Les chômeurs, divisés en deux équipes, se relaient toutes les douze heures. Ils n'ont commis aucune déprédation.

Le différend est ainsi expliqué par M. Noël Vandeville, secrétaire du groupe :

« Les pilotes de péniches sont des hommes qui doivent, aux termes de la loi, prendre place sur les chalands pour les parcours en rivière afin d'aider le pénichien propriétaire de son bateau.
C'est le pénichien qui nous paie, d'après un forfait que nous discutons avec lui.
La crise nous a durement atteints. Aussi, en avril dernier, avons-nous fondé une caisse de chômage légalement constituée et homologuée en novembre. Cette caisse doit être alimentée par l’État pour 60 %, par le département pour 30 et les 10 restants doivent être constitués par les cotisations des adhérents et les versements des communes.
La quote-part de la commune de Longueil serait, en l'occurrence, au maximum de 25 à 30 francs par jour, car si nous sommes ici une centaine de pilotes, il n'y a guère que trente d'entre nous en chômage, ce qui représente à peu près, en tenant compte des femmes et des enfants, 130 personnes à secourir.
25 à 30 francs par jour font un total annuel de 9.000 à 10.000 francs. Ce n'est pas une fortune que nous demandons.
Nous comptions que notre requête serait discutée à la séance du conseil municipal de jeudi dernier ; elle ne le fut pas et on nous rejeta au mois de février. Nous ne pouvons attendre indéfiniment. Nous avons alors décidé d'occuper la mairie et l'avons fait. »

L'adjoint au maire, M. Chrétien, répond que la commune est très petite et qu'elle ne peut grever lourdement son budget.
L'affaire en est là.

Sources : L'Homme libre, édition du 14 janvier 1934
Site Gallica de la BNF


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La mairie de Longueil-Annel a été évacuée par les mariniers chômeurs

Le sous-préfet de Compiègne, M. Rousselot, s'est rendu, à la fin de la matinée d'hier, avec le baron de la Villéon, maire de Longueil-Annel, à la mairie que des agitateurs occupaient de force depuis vendredi 14 heures. Une trentaine de bateliers, qui s'y trouvaient installés, se sont rendus, de bonne grâce, à ses exhortations et ont évacué de leur plein gré les lieux.

Sources : L'Homme libre, édition du 16 janvier 1934
Site Gallica de la BNF


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Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : dim. sept. 20, 2026 15:21 pm 
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PREMIER SEMESTRE DE L'ANNEE 1940



LA VENTE DES CHEVAUX EN PROVENANCE DE L'ARMÉE
Droit de préférence aux agriculteurs

Le Directeur des Services Agricoles rappelle qu'au cours d'une séance précédente les membres de l'assemblée demandèrent que lors des ventes de chevaux en provenance de l'Armée la priorité d'achat soit réservée aux agriculteurs ayant eu des animaux réquisitionnés.

Pour donner satisfaction à ces demandes, et dans le but de favoriser la reconstitution des écuries dépeuplées par les réquisitions militaires, M. le Ministre des Finances, d'accord avec M. le Président du Conseil, Ministre de la Défense Nationale et de la Guerre et avec M. le Ministre de l'Agriculture, vient d'instituer pour toutes les ventes de chevaux provenant de l'Année, un droit de préférence en faveur des agriculteurs, éleveurs, mariniers et entrepreneurs de batellerie dans les conditions suivantes :

Tous les chevaux seront mis en vente par unité et tous les amateurs, sans distinction, seront admis à prendre part à l'adjudication...

Sources : La Charente, édition du 12 janvier 1940


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COMPIÈGNE

Une péniche coule

Le 29 janvier, vers 16 heures, le commissariat de police était informé qu'une péniche coulait sur la rivière de l'Oise, au port à charbons. Il s'agissait du bateau "Foch", propriété de l’État, amarré depuis 5 ans, qui a fait une voie d'eau, par suite du mauvais état de la coque.

Le Progrès de la Somme, édition du 1er février 1940


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RÉQUISITION COLLECTIVE DE LA BATELLERIE

Paris, 31 janvier. — Le Journal officiel publie ce matin un décret aux termes duquel :

L'exécution des transports sur les voies navigables constitue un service public obligatoire. Ces transports sont ordonnés, le cas échéant, par voie de réquisition, à la diligence du ministre des travaux publics et des transports.

En vue de ce service est prononcée la réquisition collective de toutes les entreprises et de toutes les personnes qui concourent à l'exécution des transports sur les voies navigables ou aux opérations accessoires de ces transports et qui, à ce titre, sont mobilisées par le ministère des travaux publics et des transports.

Sources : La dépêche, édition du 1er février 1940


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MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS

Réquisition collective de la batellerie.

RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 27 janvier 1940.

Monsieur le Président,

L'exécution des plans de transport qui est nécessaire à l'économie du pays en guerre exige, dans la mise en œuvre des moyens de transport la plus stricte discipline.
En ce qui concerne spécialement les transports par voie navigable, il aurait été impossible d'obtenir le rendement que les circonstances imposent, si l'on n'avait substitué à la libre concurrence des entreprises un régime de réglementation donnant à l'administration les pouvoirs nécessaires pour répartir les transports et les faire exécuter suivant leur ordre d'urgence.
Tel a été l'objet de l'arrêté interministériel, guerre-travaux publics, du 29 août 1939, pris en application de la loi du 11 juillet 1938 sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre.
Par suite, les sanctions de l'arrêté ne sont autres que celles explicitement prévues par la loi en cas d'inexécution des réquisitions ordonnées.
Ces réquisitions ont d'ailleurs, en général, le caractère, non d'une réquisition de personnes, mais d'une réquisition mixte : à la fois de personnes et d'usage de biens, puisque la réquisition s'applique non seulement aux bateliers, mais également à l'usage du bateau pendant le temps nécessaire à l'exécution du service.
Or, le décret du 29 novembre 1939, restreignant à la satisfaction des (besoins des armées et à l'hébergement des réfugiés le droit de requérir l'usage ou la propriété de biens, peut faire naître un doute sur la légitimité des réquisitions qui seraient prononcées dorénavant par les fonctionnaires chargés de l'exploitation réglementée des voies navigables dans le cas où il serait nécessaire de forcer l'obéissance d'un transporteur.
Bien que les pouvoirs donnés au ministre des transports par l'article 51 du décret du 28 novembre 1938 n'aient pas été visés par le décret du 29 novembre 1939 restreignant l'usage du droit de réquisition, il parait nécessaire. pour lever toute ambiguïté, d'affirmer que ce droit est effectivement maintenu.
Il convient d'autre part d'affirmer le caractère de service public que présente, dans l'économie de guerre, l'exploitation de la voie navigable, et par une réquisition collective, d'éviter l'évasion d'une partie de ses spécialistes, attirés par d'autres emplois rémunérateurs, notamment dans les usines d'armement. Cette réquisition collective évitera aussi que les diverses entreprises de transport par eau ne se fassent concurrence entre elles pour s'assurer le personnel qui leur est indispensable.
Enfin, l'expérience a révélé que la réquisition seule, même appuyée des sanctions prévues en cas de non-exécution par l'article 31 de la loi du 11 juillet 1938, pouvait, dans l'application aux transports par voie navigable, se heurter à des difflcultés en raison de la complexité du service à assurer.
Le projet de décret que nous avons préparé comble cette lacune en indiquant que, nonobstant ces sanctions, le transport ordonné sera, le cas échéant, exécuté d'office.
La réquisition du bateau désigné pour le transport devra d'ailleurs faire l'objet de modalités différentes suivant que le refus d'obéir à l'ordre de réquisition proviendra d'une entreprise, le bateau étant conduit par un contremaître, ou d'un batelier propriétaire de bateau, et habitant à bord, avec sa famille. Ces modalités seront précisées par voie d'arrêté.
Pour éviter toute ambiguïté, le décret que nous avons l'honneur de soumettre à votre signature est contresigné par tous les ministres, désignés à l'article 1er du décret-loi du 29 novembre 1939 relatif aux réquisitions.

Le président du conseil, ministre de la défense nationale et de la guerre et des affaires étrangères, ÉDOUARD DALADIER.

Le garde des sceaux, ministre de la justice GEORGES BONNET.

Le ministre de l'intérieur ALBERT SARRAlJT.

Le ministre des finances, PAUL REYNAUD.

Le ministre des travaux publics et des transports, A. DE MONZIE.


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Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : lun. sept. 21, 2026 8:59 am 
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Comment a pu évoluer la batellerie à Longueil-Annel, par exemple, dans un contexte de guerre et quel fut le vécu des bateliers pendant les années d'occupation ?
Essayons d'apporter un début de réponse.



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Le rétablissement progressif de nos voies de communications

Restent les voies navigables, qui ont également beaucoup souffert, L'Office national de la navigation a procédé au dénombrement et au classement des bateaux et fait renflouer des épaves. Les résultats acquis sont nécessairement modestes, parce que nos voies à grand trafic sont celles du nord, de la région parisienne et du centre, et que beaucoup d'entre elles sont paralysées par les opérations militaires.
Cette situation a obligé le gouvernement à prendre des mesures en faveur des chômeurs de la batellerie et des propriétaires de bateaux chargés immobilisés.

Sources : La Dépêche, édition du 24 août 1940


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Groupement des artisans de la batellerie sinistrée

On nous prie d’annoncer à l’ensemble des mariniers sinistrés qu’un groupement est en train de se former pour la constitution des dossiers pour les dommages de guerre. Nous engageons vivement tous les mariniers sans distinction à se rendre à la permanence du groupement au Cabaret Flamand, 23, place Rihour, à Lille, où des membres dévoués se mettront à la disposition de tous pour l’élaboration des dossiers. Le groupement sera chargé de veiller scrupuleusement à l’exactitude des déclarations des dommages de guerre, ainsi les sinistrés seront certains de trouver toutes les garanties pour la défense de leurs intérêts. La première permanence fonctionne à Lille, mais nous nous efforcerons dans l’avenir de créer des permanences à Béthune, Dunkerque et Douai. En attendant, nous adressons un chaleureux appel à tous les mariniers sinistrés pour qu’ils viennent à notre permanence ou adressent leurs lettres au secrétaire, M. De Vreyer Eugène, Cabaret Flamand, 23, place Rihour, à Lille. L’élaboration des dossiers se fera tous les jours, de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures.

Sources : Le Grand Écho du Nord, édition du 26 août 1940


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AVIS A LA BATELLERIE
La préfecture de la Somme communique :

Les heures normales de navigation sur la rivière de l'Oise, le canal latéral de l'Oise et le canal de Saint-Quentin seront de 7 heures 45 à 19 heures 15 (heure allemande) pendant la première quinzaine de novembre.

Sources : Le Progrès de la Somme, numéro 22200, jeudi 7 novembre 1940 - 259PER292 - Archives de la Somme



L'EXPLOITATION COMMERCIALE DES VOIES NAVIGABLES

Vichy, 9 novembre 1940. - le Conseil de cabinet, qui s'est tenu hier, a approuvé, sur la proposition de M. Berthelot, secrétaire d'Etat, ministre aux communications, un ensemble de textes qui tendent à réaliser une organisation nouvelle de la batellerie dont l'activité sera, à l'avenir, étroitement contrôlée et dirigée par l’État, représenté par un office national de la navigation entièrement rénové.
Les mesures adoptées comportent :
1) L'institution d'un office national de la navigation ;
2) La création d'un comité d'organisation professionnelle de la batellerie ;
3) Un décret qui conférera le monopole de la traction sur les voies navigables à l'Office national de la navigation.
L'ensemble des mesures ainsi arrêtées permettra de tirer de la batellerie le maximum de rendement, ce qui est particulièrement important au moment où l'économie française manque de wagons et de carburant.

Sources : La Dépêche, édition du 10 novembre 1940


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Journal officiel du 10 novembre 1940 page 5635

Transport par eau.

Le secrétaire d’État aux communications,
Vu la loi du 16 octobre 1940 relative au régime des priorités à établir sur les transports de marchandises, et notamment L'article 4 ;
sur la proposition du directeur général des transports,

Arrête :

Art. 1er. — Les transports à effectuer par priorité par voie d'eau sont exécutés en vertu de programmes établis à l'aide des demandes de transports présentées par les services des ministères de la production industrielle et du travail, de l'agriculture et du ravitaillement et qui sont arrêtés mensuellement par le secrétaire d’État aux communications sur propositions du directeur général des transports, et après avis du directeur de l'Office national de la navigation.

En outre, des transports hors programme peuvent bénéficier d'une priorité permanente ou temporaire. La liste des marchandises devant bénéficier de ce régime sera fixée périodiquement par le secrétaire d’État aux communications. Pour faciliter l'exécution de ces transports, les administrations intéressées fourniront, chaque mois, des prévisions indiquant la nature de la marchandise, l'importance du tonnage ainsi que les centres ou régions expéditeurs et destinataires.

Art. 2. — Si un transporteur par eau, régulièrement invité à effectuer un transport par priorité, refuse de l'exécuter ou si, sans opposer un refus formel, il prend, en lait, des dispositions telles que l'opération ne puisse être menée à bien dans le temps voulu, l'Office national de la navigation, ou l'ingénieur en chef de la navigation ayant eu qualité pour désigner le transport, s'assure par réquisition la disposition de tout bateau visé par l'ordre de priorité et fiait exécuter d'office le transport.

Art. 3. — En ce qui concerne: le personnel de conduite, il est établi immédiatement des réquisitions individuelles au nom de chacun des membres de l'équipage, qu'il s'agisse d'employés salariés ou du patron batelier et des compagnons bateliers.

Ces réquisitions précisent la mission donnée à chacun des agents ainsi que leur salaire. Ce salaire sera, en principe, celui dont bénéficie normalement l'employé. En l'absence de renseignements, ce salaire est fixé d'après le taux courant de la profession, et le patron batelier est assimilé à un contremaître salarié.

Le transport est alors effectué par les soins du personnel ainsi requis. L'Office national de la navigation est, pour le compte de l’État, substitué pendant le voyage au propriétaire du bateau, tant en ce qui concerne l'armement et la disposition de celui-ci qu'en ce qui concerne l'exécution du transport.

L'Office encaisse les frets, supporte les dépenses de toute nature, prend toutes les dispositions nécessaires pour les assurances et joue par rapport au personnel le rôle d'employeur pendant la durée du voyage.

Si le propriétaire exploitant lui-même son bateau, et requis à bord pour la conduite de celui-ci n'y apporte pas tous les soins nécessaires, il peut être contraint d'assurer le logement à bord du personnel embarqué par l'autorité requérante. En cas de refus, le propriétaire peut être requis d'évacuer, a ses frais, tout ou partie des logements existant à bord.

A l'achèvement du voyage, le propriétaire, s'il n'est pas à bord, est avisé de l'arrivée du bateau à destination et est invité à en reprendre la disposition. Notification lui en est valablement faite à son domicile à terre, soit dans la forme administrative, soit par lettre recommandée.

Art. 4. — Le règlement de la réquisition d'usage du bateau est poursuivi par la commission spéciale des règlements des réquisitions de la batellerie, compte tenu, s'il y a lieu, de la réquisition gratuite infligée à titre de sanction.

Art. 5. — Le directeur général des transports est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel.

Fait à Vichy, le 17 octobre 1940.

JEAN BERTHELOT.


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AVIS A LA BATELLERIE
La Préfecture de la Somme communique :

Il est porté à la connaissance de la batellerie les dispositions suivantes prises par M. le Secrétaire d’État aux communications en raison de la pénurie actuelle des combustibles liquides :

Sur toutes les voies navigables où fonctionne la traction électrique, les automoteurs devront se faire fractionner comme les bateaux ordinaires.

Sur les voies navigables où la traction électrique ne fonctionne pas, ainsi que sur les fleuves et rivières, on observera pour le ravitaillement des automoteurs en combustibles, l'ordre de priorité suivant en cas d'insuffisance des contingents alloués.
D'abord, les automoteurs-citernes spécialisés dans le transport des hydrocarbures et des vins,
Ensuite, les tracteurs et les remorqueurs, mais pour ces derniers, dans la mesure seulement où ils sont indispensables et ne peuvent pas être remplacés par des remorqueurs à vapeur
Enfin, les automoteurs ordinaires.

La mise en vigueur de ces instructions sur le canal de Saint-Quentin, le canal latéral de l'Oise et le canal latéral de la Marne entre Vitry-le-François et Condé se fera dans les conditions suivantes :

A partir du 25 novembre, la traction électrique sera obligatoire sur ces canaux pour tous les automoteurs chargés affrétés postérieurement à cette date et pour tous les automoteurs vides.
Dès maintenant, il ne sera plus délivrer de bons de combustibles pour naviguer sur ces canaux pour les bateaux vides, même s'ils sont en instance d’affrètement.

Le Progrès de la Somme, édition du samedi 23 novembre 1940




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : lun. sept. 21, 2026 9:56 am 
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Syndicat de la Batellerie artisanale

Le Syndicat de la Batellerie Artisanale (S.B.A.) porte à la connaissance des mariniers sinistrés ou ayant eu leur bateau réquisitionné par les autorités françaises que : Dans le but de venir en aide aux mariniers artisans propriétaires de péniches, qui ont perdu, en même temps que leur bateau, le logement qu’ils avaient à bord, il pourra être accorde par l’Office National de la Navigation, à tout patron batelier qui fera la preuve de sa dépossession, une avance fixée au maximum à 5.000 francs, récupérable d’office sur les indemnités de réquisition, sur les indemnités d'assurance, ou sur toute autre somme qui pourrait lui être due par l'Office National de la Navigation, et même sur tous frets ultérieurs et tous biens personnels. L'avance sera faite suivant les mêmes modalités que celles déjà adoptées, pour l'aide financière à la Batellerie, tels qu'elle est déjà pratiquée par O. N N., mais avec cette précision que les avances seront payées exclusivement par la Direction de l'O. N. N., soit à la caisse du chef de la comptabilité générale, agent comptable de l'Office, soit au moyen d’un mandat administratif émis au profit de l’emprunteur. Les mariniers devront justifier de leur situation difficile. Ils adresseront leur demande, de préférence aux directeurs des bureaux d’affrètement, chargés d’enquêter sur la véracité des faits allégués. Les directeurs de ces bureaux d’affrètement adresseront immédiatement des propositions à la Direction de l'O. N. N. qui statuera sur chaque cas. En cas de décision favorable, un mandat administratif sera adressé aux directeurs des bureaux d’affrètement qui auront mission d’en faire remise aux intéressés, contre la remise par ceux-ci d’une reconnaissance de dette sur papier timbré (dont le coût est à la charge des mariniers) celle-ci devant être immédiatement envoyée à agent comptable de l’Office, avec indication du numéro du mandat. Les formules employées seront conforme au modèle établi. La preuve testimoniale de dépossession à apporter par les emprunteurs, sera faite par tous les moyens, c’est-à-dire qu’elle devra consister normalement en attestations officielles des autorités de la navigation, des officiers ministériels ou des autorités municipales. Exceptionnellement, toute autre preuve testimoniale sera admise, mais, dans ce cas, la partie prenante attestera sur l’honneur la véracité de ses allégations et le non-paiement antérieur d’une somme quelconque pour dommages subis ou réquisitions par les autorités françaises. Le Directeur de l’O. N. N.
Pour plus amples renseignements, s'adresser à la permanence du S.B.A., 22, rue de Paris, ou au Bureau d’affrètement.

Sources : Le Grand Écho du Nord, édition du 17 décembre 1940



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : lun. sept. 21, 2026 13:57 pm 
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1941


Une démarche du bureau du Syndicat général de la Batellerie auprès de M. Scapini, ambassadeur.

Le Bureau du Syndicat général de la batellerie, sous la conduite de son Président, M. Louis Louis, fut reçu lundi par M. l’ambassadeur Scapini en vue d’examiner le problème que pose la libération provisoire des bateliers prisonniers de guerre. La délégation syndicale batelière a souligné à M. l’ambassadeur des prisonniers de guerre, l’importance du problème en rappelant qu’une décision favorable permettrait la remise en marche de plusieurs centaines de bateaux fluviaux. Or, actuellement, il manque des bateaux dans tous les centres fluviaux pour l’exécution des programmes de transports à effectuer par voie d’eau, et cette situation s’aggravera du fait de l’intensification de la production houillère qui va augmenter considérablement le tonnage des charbons à transporter par eau. Il est certain que la remise en circulation de plusieurs centaines de bateaux fluviaux contribuerait efficacement à assurer l’approvisionnement en charbon de Paris et de la région parisienne, ainsi que le ravitaillement de nos usines et le transport des matériaux nécessaires à la reconstruction des régions sinistrées. Par ailleurs, ce réarmement de bateaux fluviaux permettrait également d’assurer régulièrement le transport de nos produits agricoles saisonniers comme les blés, les orges, les avoines et les betteraves, qui représentent un tonnage très important pour la batellerie. La délégation syndicale batelière a aussi attiré toute la bienveillante attention de M. l’ambassadeur Scapini sur le manque de main-d'œuvre spécialisée dans les chantiers de réparations de bateaux. Or, plus d’un millier de péniches furent endommagées en mai et en juin 1940. et leurs réparations s’imposent rapidement, car la plupart sont en bois et ne seront plus réparables si elles devaient passer la saison d’été sans travaux de réparations. Certes, l’importance de la démarche des dirigeants du Syndicat général de la batellerie n’échappera à personne, car la reprise de l’activité fluviale peut assurer normalement notre approvisionnement en charbon et contribuer très utilement au ravitaillement de nos industries et de nos populations.

Sources : Le Grand écho du Nord de la France, édition du 3 mai 1941
Site Gallica de la BNF


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1942

ABBEVILLE

Un enfant tombe à l'eau et est repêché par un marinier
Ces jours derniers, le jeune Pierre Farcy, 7 ans, demeurant chez ses parents, 15, rue Paul-Bert, allait rejoindre son père et longeait la rive de la Somme. A hauteur du quai de la Pointe, son cerceau tomba dans la Somme. L'infortuné bambin voulut le rattraper et tomba à l'eau.
Le batelier d'une péniche amarrée non loin de là, se jeta à l'eau et ramena l'enfant sur la berge. Le bambin fut reconduit à son domicile où des soins lui furent prodigués.

Le Progrès de la Somme, édition du samedi 2 dimanche 3 et lundi 4 mai 1942 N° 22.654


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AU CONSEIL DES MINISTRES

Vichy le 6 novembre. -
Le conseil des ministres s'est réuni ce matin, à 10 heures 30, au Pavillon Sévigné, sous la présidence du Maréchal de France, chef de l’État.
M. Gibrat, secrétaire d’État aux communications a rendu compte au conseil des dispositions qui ont été prises pour assurer, dans les meilleures conditions, l'utilisation des moyens de transport.
...
M. Gibrat, a fait part au conseil de l'amélioration du service de la batellerie dont la capacité de transport a été accrue.

Sources : Le Progrès de la Somme, édition du 8 novembre 1942



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : lun. sept. 21, 2026 16:07 pm 
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Tout au long du conflit, les Allemands vont réquisitionner, à leur gré, les péniches pour le transport notamment de l'armement. Les mariniers seront sollicités contre leur volonté et maintenus à leur poste pour assurer la continuité du service.


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Les mariniers comme les cheminots vont être nombreux à s'engager dans la Résistance pour combattre l'occupant.

Les mariniers (bateliers de la navigation fluviale) grâce à leur liberté de mouvement sur les fleuves et les canaux ont joué un rôle discret mais déterminant, en menant une action clandestine effacée, mais hautement importante pour la Résistance. Ils pouvaient servir d'informateurs et renseigner sur les mouvements de l'armée occupante sur les cours d'eau où ils naviguaient, être d'excellents agents de liaison, aider au passage de prisonniers de guerre ou de juifs entre les différentes zones (interdite, occupée et libre), etc.


A l'image de LALOUETTE Télesphore, marinier et résistant, déporté, il appartient au convoi des "45 000".
Ce convoi compte 1175 hommes, dont 50 juifs. Partis de la gare de Compiègne vers Auschwitz, il est connu sous le nom de "convoi des 45 000" en raison du numéro de matricule attribué aux déportés à leur arrivée au camp le 8 juillet. Seuls, 119 d'entre eux sont rentrés de déportation.

par Jean-Yves Bonnard
Résistance 60
https://www.resistance60.fr/1942-07-06

&

LALOUETTE Télesphore
Dictionnaire biographique LE MAÎTRON, mouvement ouvrier, mouvement social
https://maitron.fr/lalouette-telesphore/

Le convoi des otages communistes du 6 juillet 1942
LALOUETTE Télesphore
https://deportes-politiques-auschwitz.f ... re-gerard/


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Autres résistants(tes) nés à JANVILLE


Base des médaillés de la résistance

EDVIRE Michel
Né le 11 mars 1923 à Janville (Oise)
Décoration : Médaille
Date du décret : 15/6/1946
Date de publication au JO : 11/7/1946
Source : l’Ordre de la Libération

Base des Victimes de la répression allemande

EDVIRE Michel Léon
Décédé le 7 décembre 1943 à Cologne (Allemagne)
Né le 11 mars 1923 à Janville (Oise)
Décédé à l'âge de 20 ans, 8 mois et 26 jours
Cote : Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 447 009

Titres, homologations et services pour faits de résistance

EDVIRE Michel Léon
Né le 11/3/1923 à Jonville-en-Woëvre (Meuse) (sic) - LIRE : Janville (Oise)
Famille résistance
forces françaises combattantes (FFC)
déportés et internés de la résistance (DIR)
Nom du réseau des forces françaises combattantes : HECTOR
Cote(s) : Service historique de la Défense, Vincennes - GR 16 P 207663


EDVIRE Marcel, né en 1894 à Janville, chef de ménage, profession : pilote
EDVIRE Henriette, née en 1901 à Margny-les-Compiègne, sa femme, profession : sans
EDVIRE Michel, né en 1923 à Janville, fils
EDVIRE Pâquerette, née en 1924 à Vendurel, fille

Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 3512_Mi_A68_323
Recensement de la population de JANVILLE pour l'année 1931

Voir également :
EDVIRE Michel
Résistant du Bataillon de France
par Jean-Yves Bonnard
https://www.resistance60.fr/e


=====================================================


Maurice ROUSSELET

C'est avec une très grande émotion que nous vous apprenons le décès de Monsieur Maurice Rousselet survenu le 15 octobre 2010 à l'âge de 83 ans, membre du Conseil d'Administration de l'A.D.I.F. de l'Oise, Monsieur Rousselet était également Président du Mouvement Résistance Oise. Déporté - Résistant, membre du groupe "Bataillon de France", déporté en septembre 1942 à l'âge de 15 ans, titulaire de nombreuses décorations, Monsieur Rousselet était un des quatre derniers Médaillés de la Résistance de l'Oise. Ses obsèques ont eu lieu le 20 octobre, dans le petit village de Janville, situé à cinq kilomètres de Compiègne, son village natal, dont il fut maire. De nombreux membres de l'A.D.I.F. de l'Oise, de nombreuses associations patriotiques étaient présents autour de huit Portes Drapeaux. Nos plus sincères condoléances ont été adressées à son épouse et à ses proches.

Gérard BOCQUERY
ADIF de l'OISE
le 10 févr. 2011

Titres, homologations et services pour faits de résistance

ROUSSELET Maurice
Né le 15 février 1927 à Janville (Oise)
Statut : déporté résistant
Famille résistance :
forces françaises combattantes (FFC)
déportés et internés de la résistance (DIR)
forces françaises libres (FFL)
forces françaises de l’intérieur (FFI)
Nom du réseau des forces françaises combattantes : HECTOR
Cote(s)
Service historique de la Défense, Vincennes - GR 16 P 524405
Service historique de la Défense, Caen SHD/ AC 21 P 667235

Base des médaillés de la résistance

ROUSSELET Maurice
Né le 15 février 1927 à Janville (Oise)
Pseudonyme : Uire
Décoration : Médaille
Date du décret : 3/8/1946
Date de publication au JO : 13/10/1946
Source : l’Ordre de la Libération


=====================================================


Titres, homologations et services pour faits de résistance

DEFFAUX René Louis Léon
Né le 18 février 1920 à Janville (Oise)
Famille résistance :
forces françaises combattantes (FFC)
Nom du réseau des forces françaises combattantes :
GOELETTE
Cote(s) :
Service historique de la Défense, Vincennes - GR 16 P 164624
Service historique de la Défense, Vincennes SHD/ GR 28 P 4 109 32


Base des médaillés de la résistance

MARTEAU Marcel
Né le 5 octobre 1894 à Janville (Oise)
Décoration : Médaille
Date du décret : 24/4/1946
Date de publication au JO : 17/5/1946
Source : l’Ordre de la Libération


Titres, homologations et services pour faits de résistance

TASSIN Léone Marie Marthe
Née le 5 août 1922 à Janville (Oise)
Famille résistance :
forces françaises de l’intérieur (FFI)
Autre(s) nom(s) : HENRIET
Cote(s) : Service historique de la Défense, Vincennes - GR 16 P 562727



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : mar. sept. 22, 2026 9:04 am 
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1943


AMIENS



Une grue tombe sur une péniche
Jeudi (*) vers 13 heures 15, une grue automobile de la maison Dobelle manœuvrait en bordure de la Somme au port d'Amont, lorsque le bord du quai s'effondra. La grue, entraînée, tomba partie dans la Somme, partie sur la cabine d'habitation de la péniche "Xerxès", dont les occupants, M. et Mme Ciapdorp (sic) et leur enfant, de Gand, prenaient leur repas.
Par une chance extraordinaire, aucun d'eux ne fut blessé et le conducteur de la grue réussit à se dégager à temps. Il n'y a que des dégâts à la grue et à la péniche.

Le Progrès de la Somme, édition du samedi 2 octobre 1943

* Jeudi 30 septembre 1943


Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : mar. sept. 22, 2026 9:11 am 
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1944


Au cours du premier semestre de l'année 1944, Les péniches et les remorqueurs des mariniers vont être des cibles privilégiées pour les chasseurs alliés de la R.A.F. et de U.S.A.A.F. qui ont mission de paralyser aussi complètement que possible les moyens de transport et de déplacement en France occupée. L'objectif principal étant d'isoler une vaste région autour du lieu choisi pour un débarquement des troupes alliées afin d'empêcher la Wehrmacht d'acheminer rapidement ses divisions blindées, ses troupes et ses munitions vers le front.


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Deux mariniers sont tués et plusieurs autres blessés par un avion

L’autre soir, dans la région, un avion survolant à basse altitude, plusieurs péniches se trouvant sur un canal du Nord, a lâché deux rafales de projectiles explosifs sur ces bateaux. Le marinier Célestin MEUNIER, de la péniche « Biskra » a été blessé sérieusement ; sa femme fut légèrement touchée. A bord de la « Sainte-Marie », François GUYARD, 20 ans, a été tué ; son frère, Théo GUYARD, 22 ans. a dû être amputé du bras droit. La marinière du bateau « Brazzaville », Mme VALENTIN, née Caroline SCHNEIDER, 39 ans, a été tuée.

Sources : Le Grand écho du Nord de la France, édition du 16 février 1944

Base des victimes civiles (1939-1945)

GUYARD François Louis
Décédé le 11 février 1944 à Aubigny-au-Bac (Nord) *
Né le 19 février 1924 à Bourogne (Territoire de Belfort)
Décédé à l'âge de 19 ans, 11 mois et 22 jours
Statut : victime civile
Cote : Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 352908

* Aubigny-au-Bac se trouve à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest de Cambrai au bord du Canal de la Sensée.


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Des péniches sont mitraillées dans l’Aisne

Dans une localité de l’Aisne, des aviateurs anglo-américains ont mitraillé des péniches. Un marinier et une marinière ont été tués.

Sources : Le Grand écho du Nord de la France, édition du 12 mai 1944


=======================================================


1944 : La Libération en France et dans le Noyonnais

22 juin 1944 à 15 h 55, une douzaine de chasseurs bombardiers lâchent deux séries de deux bombes sur les ponts du chemin de fer près de la gare de Noyon et à Morlincourt (sans résultat) avant de s’attaquer aux installations ferroviaires, aux péniches et aux camions entre Appilly et Ribécourt.


1er juillet 1944, à 20 h 10, bombardement par trente chasseurs-bombardiers anglais du canal latéral à l’Oise. Une péniche est coulée à Sempigny.

Sources :
https://www.vermandois.com/2ww/noyon1944.HTM


=======================================================

L’HÉBERGEMENT DES ENFANTS DES MARINIERS

Le syndicat unique des salariés de la navigation intérieure nous communique :

Les cheminots sont, dans les circonstances actuelles, particulièrement éprouvés ; courageusement, malgré les bombardements et les mitraillages, ils continuent à accomplir leur tâche.
Les mariniers, aussi soucieux que leurs camarades de la S.N.C.F. d'accomplir leur devoir tant qu'au ravitaillement du pays, sont encore plus éprouvés par les bombardements et les mitraillages incessants qu'ils subissent, parce qu'ils ont leur femme et leurs enfants aussi exposés à la mutilation et à la mort qu'eux-mêmes. Déjà de nombreux enfants de mariniers et de nombreuses marinières ont été tués ou blessés gravement sur les péniches et les remorqueurs.
Le gouvernement a mis à la disposition des services de navigation, les crédits nécessaires à l'évacuation et à hébergement des enfants et des femmes de mariniers.
La section des navigants du syndicat des salariés de la navigation intérieure a apporté aux dirigeants de l'O.N.N., tous les conseils pratiques que son expérience et sa connaissance du métier lui permirent de développer à ce sujet.
Il est prévu, en cas d'évacuation et d'hébergement des enfants, des lieux de refuges assez proches de la voie d'eau pour que les mariniers puissent à leur passage, voir facilement les êtres qui leur sont chers, et toutefois, choisis de façon à ce qu'il soit raisonnablement permis de croire que les enfants sont en sécurité.
Le voyage d'aller pour les personnes réfugiées et le voyage d'aller et retour pour les personnes qui les accompagnent, sera aux frais du gouvernement. Une indemnité de 750 francs par mois, est prévue pour chaque enfant hébergé ; les allocations familiales continueront, malgré cela, a être versées aux ayants droit.
En conséquence, la section des navigants du syndicat des salariés de la navigation intérieure, recommande instamment, à ses membres, de se prêter aux directives gouvernementales, ayant pour but de sauvegarder, dans la mesure du possible, l'existence de leurs enfants.
Les services de l'O.N.N., ont déjà mis au point toute une organisation qui semble devoir donner satisfaction aux mariniers ; les ingénieurs de la Navigation recevront incessamment des instructions à cet effet, et les porteront à la connaissance des mariniers.
En ce qui concerne les compléments de nourriture, la prime de bombardement de 100 francs par jour et le paiement des heures effectuées la nuit, la section des navigants du syndicat, se tient à la disposition de ses membres pour toutes précisions utiles. S'adresser au Syndicat Unique des Salariés de la Navigation Intérieure, 2, boulevard de la Tour-Maubourg, Paris (7e), métro Invalides, téléphone : Invalides 20-75.
Le secrétaire général
Désiré BREST

Sources : Le Grand écho du Nord de la France, édition du 22 juillet 1944


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BOMBARDEMENTS

Le 23 juillet 1944, plusieurs vagues d'avions alliés vont s'attaquer, une fois de plus, à la ville de Creil (Oise). Outre les nombreuses victimes et les importantes destructions d'immeubles, on notera :

"Un remorqueur a été coulé et une péniche endommagée sur la rivière Oise."

Le Progrès de la Somme, édition du vendredi 28 juillet 1944 N° 23.337


Voir le sujet : L'OISE BOMBARDÉE Mai-juin-juillet 1944
viewtopic.php?f=15&t=4936&p=29092&hilit=peniche#p29092


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D-Day - Batataille de Normandie
La 9th U.S. Army Air Force en Normandie


36th Fighter Group

Le 2 août 1944, découverte et destruction d'un train de munitions à Noyon et mitraillage d'un autre près d'Appilly, et, pour finir, un transport d'huile et de péniches sur le canal de l'Oise.

Sources : http://www.6juin1944.com/assaut/9usaaf/ ... p?page=a16




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : mer. sept. 23, 2026 16:53 pm 
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L'après-libération


Les premières péniches de charbon en route vers Paris

Pour la première fois depuis juin dernier, trois péniches chargées de charbon ont pris hier la route fluviale à destination de Paris. Parties de Longueil-Annel, où elles ont été saluées par le colonel Ryal et M. Brousse, directeur de l'Office national de la navigation, elles sont à l'heure actuelle en route sur l'Oise et l'on a tout lieu d'espérer que, en dépit de toutes les difficultés, elles arriveront à bon port — bientôt suivies à intervalles réguliers par une centaine d'autres.

France-soir, édition du 15 novembre 1944



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : ven. sept. 25, 2026 9:56 am 
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JANVILLE


Janville est un village du Compiégnois situé de la vallée de l'Oise, marqué par l'importance de la batellerie en raison de la présence d'un port sur le Canal latéral à l'Oise et situé à 5 km à vol d'oiseau au nord-est de Compiègne.
En 1936, le bourg compte 415 habitants.

Parmi eux, on trouve :

Capitaines de remorqueur :

Louis LE GUEZ, né en 1899 à La Rochelle, capitaine de remorqueur - entreprise "Les Guèpes"
Gustave PASQUET, né en 1877 à Pont-l’Évêque, capitaine de remorqueur - entreprise "Les Guèpes"

des Charpentiers de bateaux

Marcel BOUZIER, né en 1899 à Janville, est charpentier de bateaux pour son compte (patron) ;
Albert CATTIER, né en 1881 à Chauny, est charpentier de bateaux pour le compte de Gla...te Chanterine (?)
Marcellin DOURLIN, né en 1890 à Douai, charpentier de marine pour le compte de Essor Fluvial ;
Hector LAVAL, né en 1869 à Creil , est charpentier de bateaux pour le compte de Essor Fluvial ;
Raymond LAVAL, né en 1905, est charpentier de bateaux pour le compte de Essor Fluvial ;
Norbert LEROY est charpentier de bateaux et travaille pour l'entreprise Duvinage. Il demeure Grande-Rue à Janville ;
Jean MÉNARD, né en 1902 à Rouen, est charpentier de bateaux pour le compte de Essor Fluvial ;
Aramis THIÉCHON, né en 1887 à Condé-sur-Escaut, est charpentier de bateaux pour la C.M.T.E. (?) ;
Fénelon ROMAIN, né en 1896 à Fargniers, manœuvre charpentier pour le compte de Essor Fluvial ;
Robert EVRARD, né en 1918 à Clichy, apprenti charpentier pour le compte de Essor Fluvial ;

des pilotes :

Henri BOUCHER, né en 1873 à Janville ;
Marceau BOUCHER, né en 1896 à Janville ;
Marceau BOUCHER, né en 1886 à Janville ;
Marius BOUCHER, né en 1902 à Janville ;
Alphonse DARCHELET, né en 1897 à Mareuil-sur-Ay (Marne) ;
Alidor DONNEZ, né en 1861 à Gand (Belgique) ;
François Victor HYART, né en 1884 à Béthune ;
Victor Ainé HYART, né en 1883 à Arques ;
Jules NOËL, né en 1884 à Revin ;
Pierre TRALBAUT, né en 1863 à Anvers (Belgique) ;
Aramis TREHOUX, né à Paris en 1887 ;
Charlemagne VANDEVILLE, né en 1865 à Saint-Amand ;
Noël VANDEVILLE, né en 1897 à Dunkerque (fils du précédent) ;

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Télesphore LALOUETTE né à Annay (Pas-de-Calais) en 1901, Secrétaire Syndical (S.M.B.) (sic) *
Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 3512_Mi_A68_323
Recensement de la population de JANVILLE pour l'année 1936 (page 9/11)
https://ressources.archives.oise.fr/v2/ ... =600009845

En 1936, il semble donc avérer que Télesphore LALOUETTE demeure à Janville ou pour le moins qu'il occupe un local en ce lieu.
Il se trouve être également secrétaire de la section du SBA (Syndicat de la Batellerie Artisanale) de Longueil-Annel (Oise)

Sur ce syndicaliste voir l'article plus haut dans ce sujet

* Est-ce Syndicat des Mariniers de la Batellerie ? Le recenseur semble peu informé. Veut-il désigner le Syndicat de la Batellerie Artisanale ?

=================================================

Éclusier :

José PEREZ, né en 1895 à Saint-Cloud (Algérie) pour le compte des Ponts-et-Chaussées


Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 3512_Mi_A68_323
Recensement de la population de JANVILLE pour l'année 1936


1933

Lors de la grève des mariniers en 1933 à Longueil-Annel, figurent parmi les personnes mises en état d'arrestation,
Roger DOURLENT, 28 ans ; Stéphane DUGOUR, 38 ans ; André CASTALLE, 20 ans ; Roger CHILAIN, 22 ans ; Mme DUFOUR, née Stéphane (sic) LEDUC, 33 ans, tous cinq de Janville ; Prosper MERLEVEDE, 19 ans, de Janville ; Paul WIBAUT, 31 ans, de Janville. *
On s'aperçoit que ces derniers, dont beaucoup sont des mariniers chômeurs, sont tous de jeunes adultes frappés par la crise économique et se montrent plus vindicatifs que leurs anciens.
Sur ces grèves voir le premier article de ce sujet.

* L'orthographe des patronymes n'est pas garantie.

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Bien que le sort des mariniers ne semble pas être mentionné dans l'article de fond de Jean-Pierre BESSE, on pourra se référer pour cette période à :
Le Front populaire dans l'Oise - 2e partie (1936-1938)
https://histoire-compiegne.com/wp-conte ... AN36-2.pdf

====================================================

Le mouvement de contestation des mariniers est déjà effectif début août 1933.

CHAUNY. - La grève de la batellerie
La grève de la batellerie continue. Plus de 300 péniches se trouvent arrêtées dans les biefs avoisinant Chauny et la circulation des bateaux est totalement suspendue.

Le Progrès de la Somme, numéro 19704, édition du mercredi 9 août 1933 - 259PER190 - Archives de la Somme

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La situation à Chauny
Laon 21 août 1933.
Le comité de grève a fait placarder une affiche dans laquelle il rejette la responsabilité du conflit sur les Pouvoirs Publics. Les revendications des grévistes sont ensuite énumérées comme suit :
1. Pour la fermeture des écluses la nuit de 19 h. à 7 h. du matin (période estivale) et la marche du jour au jour en hiver.
2. Pour le décret du 28 novembre 1919 sur le nombre d'heures de travail du personnel de navigation (remorquage et traction).
3. Contre le trématage dans les limites d'éclairage.
4. Pour l'amélioration de la traction électrique sur tout le parcours.
5. Contre le service accéléré, les permis de priorité de tramatage.
6. Pour l'amélioration des conditions d'existence.
Suit un long appel à la classe ouvrière qui se termine ainsi : "A l'unité de classe de vos exploiteurs, répondez par le front unique des exploités."

Le Progrès de la Somme, numéro 19717, 22 août 1933 - 259PER190 - Archives de la Somme

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Des barrages de péniches par des mariniers sont installés à Conflans-Sainte-Honorine et Éragny vers la confluence de la Seine et de l'Oise (voir les numéros des 22 et 25 août 1933 du "Progrès de la Somme" Arch.Départ. de la Somme).

Dans son édition du 26 août 1933 "Le Progrès de la Somme", numéro 19721, le journal précise :
Aucun trafic possible sur le canal de Saint-Quentin
Compiègne, 25 août.
Des mariniers ayant formé trois barrages de péniches, à Verberie, Sempigny et Janville, ce dernier très important, aucun trafic n'est possible sur le canal de Saint-Quentin et de nombreux négociants, principalement des marchands de charbon, sont très gênés dans leur approvisionnement...
...
A Berry-au-Bac
Reims, 25 août.
Les brigades de gendarmerie de Lœvre et Reims ont forcé un barrage de seize péniches établi à Berry-au-Bac, à l'entrée du canal latéral de l'Aisne à la Marne...


Cordialement
Eric Abadie


Document photographique

Grève de la Batellerie
Blocus de la Fourche de JANVILLE - Août 1933


Pièces jointes :
JANVILLE Grève Batellerie 1933.jpg
JANVILLE Grève Batellerie 1933.jpg [ 24.33 Kio | Consulté 13205 fois ]
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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : jeu. oct. 01, 2026 18:54 pm 
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A titre d'exemple, étudions la biographie succincte de l'un des bateliers de la région de Longueil-Annel - Janville.


DEGAGE Vadimir, Marinier, batelier sur la péniche "Hélène" à Longueil-Annel


Vadimir Louis DEGAGE né le 24 avril 1884 à onze heures du soir, à bord du bateau de ses parents, après que son père ait amarré sa péniche au hameau du Pont-de-la-Deule, sur le territoire de Flers-en-Escrebieux (Nord). Le petit Vadimir Louis est issu d'une famille de bateliers. Son père, Alfred DEGAGE, âgé de 27 ans en 1884, est batelier, domicilié avec son épouse à Longueil-Annel. Sa mère nommée Thérèse Zélia DISANT, est elle-même batelière, et est alors âgée de vingt-six ans.
Vadimir Louis DEGAGE, marinier, se marie, le 6 novembre 1909, à Longueil-Annel (Oise), avec Hélène CATOIRE, née le 29 août 1889 à Chauny (Aisne). En 1936, La famille DEGAGE s'est fortement agrandie. Vadimir et Hélène demeurent avenue des Chantiers à Longueil-Annel, où Vadimir exerce la profession de pilote. Huit enfants sont nés de leur union entre 1913 et 1931. Certains d'entre eux seront liés à la batellerie, deux sont charpentiers et un troisième marinier.
La mère de famille meurt prématurément, le 15 octobre 1940, à Longueil-Annel, (Oise), à l'âge de 51 ans.
Après la Seconde Guerre mondiale, Le 7 juin 1947, Vadimir Louis, contractera de nouveau un mariage à la mairie de Janville avec Alphonsine VILROT.
C'est là que Vadimir Louis DEGAGE décédera, le 25 février 1957.




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : mar. oct. 06, 2026 17:09 pm 
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A titre d'exemple, étudions la biographie succincte de l'un des pilotes de la région de Longueil-Annel - Janville.

BOUCHER Marius Alphonse, Né le 4 janvier 1902 à Janville


Acte de naissance de BOUCHER Marius Alphonse
Né le 4 janvier 1902 à Janville au domicile de ses parents, fils de BOUCHER Anatole, pilote, âgé de trente-sept ans, et de Olympe Emilienne DESJARDINS, ménagère, son épouse, âgée de trente-deux ans. La déclaration de naissance en mairie se fait en présence de témoins, deux pilotes domiciliés à Janville, Victor Félix BOUCHER, 71 ans, et Aramis BOUCHER, 42 ans.

Sources : archives départementales de l'Oise - cote 3E323/10
JANVILLE : Naissance, Mariage, Décès, période 1901-1907

Au recensement de la population de Janville en 1911, Anatole BOUCHER est déjà décédé. Émilienne DESJARDINS s'est remariée et à épousé un capitaine de remorqueur originaire de Dunkerque, Édouard CNOKHAERT. Cette famille recomposée, compte huit personnes : aux trois enfants d'Edouard CNOKHAERT, s'ajoutent trois autres d'Emilienne DESJARDINS, Kléber Marceau et Marius BOUCHER. Tous habitent un logement dans la Grande-Rue à Janville.


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1921

Au recensement de la population de Janville, Marius BOUCHER, âgé de 19 ans, vit avec son beau-père, Édouard CNOKHAERT, et sa mère Olympe Émilienne CNOKHAERT. Il travaille alors comme manœuvre chez Leclère à Janville.

Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 351
Recensement de la population de JANVILLE pour l'année 1921


1922

BOUCHER Marius Alphonse
Né le 4 janvier 1902 à Janville, canton de Compiègne
Fils de feu Anatole BOUCHER et de Olympe Émilienne DESJARDINS domiciliés à Janville.
Profession : pilote - pilote-marinier
Marius BOUCHER possède un degré d'instruction de niveau 2 (c'est à dire qu'il sait lire et écrire). Il mesure 1 mètre 69, a les cheveux bruns, les yeux bleus, le front moyen, le nez petit et le visage ovale.
Il est incorporé à compter du 1er mai 1922 au 3e régiment du génie. Il arrive au corps le 10 mai suivant. Il est nommé 1er sapeur le 26 novembre 1922, % du régiment N° 94 du 25 septembre 1922. Il est renvoyé dans ses foyers le le 6 novembre 1923 et se retire à Janville.
Il est rappelé à l'activité, le 2 septembre 1939 et affecté au C.M. Génie N° 3. Il arrive au corps le 7 septembre 1939.
Il est dirigé sur Lunéville à la Cie S.N. S.21 (?)/5, le 1er mai 1940. Il passe la frontière le 19 juin 1940 et interné en Suisse. Il est rapatrié et démobilisé, le 4 février 1941.

Sources : archives départementales de l'Oise - cote RP 2177
BOUCHER Marius Alphonse né en 1902 - Classe 1922 - Bureau de recrutement de Compiègne - N° matricule au Rt : 748
https://ressources.archives.oise.fr/v2/ ... =600212806


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Le 7 janvier 1928, Marius BOUCHER épouse à Janville Thérèse LEBOUCHER (mention marginale à son acte de naissance).

En 1936, Marius BOUCHER, né en 1902 à Janville est pilote dans ce même lieu.
Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 3512_Mi_A68_323
Recensement de la population de JANVILLE pour l'année 1936

En 1966, Marius BOUCHER demeure 85, rue René-Richard à Janville par Longueil-Hannel. Il décède trois ans plus tard, le 7 février 1969 à Janville.



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: LA BATELLERIE
MessagePublié : jeu. oct. 08, 2026 9:45 am 
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PONT-L’ÉVÊQUE


1936


Le secteur de la batellerie fait vivre une partie de ses habitants du bourg.


BOUTIN Alfred, charpentier de bateaux
DURIEZ Georges, charpentier chez Beaugin
DURIEZ Kléber, charpentier chez Beaugin
DURVICQ Alexandre, charpentier de bateaux chez Beaugin
LEBELLE Gilbert, charpentier à la Société de navigation (Compiègne)


BRASSICAUD Marius, marinier au chômage
LANGLET Georges, marinier
LEMAIRE Désiré, ancien marinier et Marthe HUON, son épouse, ancienne marinière
LEMAIRE Pierre, marinier, né en 1905 à Pont-l'Évêque


BOHAIN Albert, Wattman à la CGTVN *
DEPAËTE Jean-Baptiste, Wattman à la CGTVN de Sempigny
FOLLET Ludovic, Wattman à la CGTVN de Sempigny
TELLIEZ Henri, Wattman à la CGTVN
WATTIAUX Marcel, Wattman à la CGTVN de Sempigny

REMIER Louis, employé à la CGTVN

BIERRE Renaud, surveillant-chef à la CGTVN


Sources : archives départementales de l'Oise - cote 6 Mp 5662_Mi_A68_506
Recensement de la population de PONT-L’EVEQUE pour l'année 1936




* La CGTVN, ou Compagnie Générale de Traction sur les Voies Navigables, a obtenue la concession et le monopole du halage mécanique. La compagnie emploie un grand nombre de personnel. On trouve beaucoup d'employés sous l'appelation "Wattman", conducteur des tracteurs électriques pour le halage.


Voir : Les tracteurs du canal
https://ateliers-memoire.com/transports ... -du-canal/



Cordialement
Eric Abadie


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