LA BATAILLE DE LA SOMMEAvertissement :
Il faut prendre la relation des faits ci-dessous avec un certain recul pour plusieurs raisons :
1) Elle est issue d'un journal paraissant sous l'occupation dépendant de Vichy et de la PropagendaStaffel (service chargé par les autorités de l'Allemagne nazie de la propagande et du contrôle de la presse et de l'édition françaises pendant l'Occupation.)
2) Elle veut mettre l'accent sur la supériorité des armées allemandes et l'acceptation d'une défaite des armées françaises tout en louant l'héroïsme des combattants.
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Les colonnes du quotidien L'Ouest-Éclair au printemps 1941 reviennent sur les combats de l'année précédente.L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial
Édition du 27 avril 1941
LA BATAILLE DE LA SOMMEDu 5 au 9 juin, la bataille fait rage de la Somme à l'Aisne. Au sud d'Amiens, à Dury, à Saint-Fuscien, les colonnes d'assaut allemandes doivent, pour passer, anéantir les défenseurs de nos positions. (*)
Ils se firent tuer sur placeCes derniers appartenaient à la 16e Division française ; en ligne depuis quelques jours à peine, attaqués en plein centre par deux panzer-divisions, submergés par un millier de chars, ils se firent effectivement tuer sur place.
Une troisième division blindée étant survenue quelques heures plus tard, avec des engins encore plus nombreux, la 16e Division française était réduite, le surlendemain, à 6 batteries d'artillerie et à quatre minces bataillons.
Pour relever ces survivants, une nouvelle division, la 24e, fut amenée en hâte : elle continua d'assurer la défense du secteur contre des chars attaquant sans cesse, par groupements de cinquante ou de cent.
Faisons encore place, ici, au chroniqueur de
Die Wehrmacht :
"Par Remiencourt, Dommartin, Moreuil, écrit-il, la division allemande continua sa progression, mais elle était toujours accueillie par un feu violent partant des villages ou des bois. Elle trouvait devant elle une résistance qui, loin de diminuer en vigueur, semblait au contraire augmenter."
Pour le reste que ce soit à l'ouest à Amiens et à Abbeville, ou à l'est près de Péronne, l'offensive allemande revêt toujours la même forme... Des forces blindées font irruption dans le dispositif français, environ 1.000 ou 1.200 chars, concentrés sur chaque point, ouvrent des brèches larges de quelques kilomètres et poussent droit devant eux, progressant en moins de deux jours de 50 à 60 kilomètres.
Des actes d'd'héroïsmeUn peu partout, des coups d'arrêt héroïques : on pourrait dire insensés ** lorsqu'on considère l'infériorité absolue des moyens. Ces coups réussissent souvent.
Des points d'appui, encerclés un jour, tiennent encore trois jours après. C'est le cas du village d'Airaines, d'où le commandant
SEYMOUR, avec 150 survivants, après trois jours de siège, alors que les chars allemands sont à 40 kilomètres plus au sud, opèrent une sortie à la baïonnette. Il réussit, ainsi, à rejoindre les débris de sa division où il ne reste plus que 300 hommes en état de porter les armes ; un canon de 155 constitue leur dernière pièce.
Plus loin, à l'est d'Amiens, la 19e Division, submergée par les chars, s'accroche au sol et, au cours de trois jours, pendant que les vagues blindées s'amassent à vingt kilomètres dans les arrières, se laisse décimer plutôt que de se rendre. Deux de ces régiments, le 22e Volontaires étrangers et le 117e d'Infanterie, regroupés le 8 juin ne comptaient plus au total que 5 officiers et 250 hommes.
*****
Derrière chaque division disparue, une autre surgissait pour continuait le combat et succomber à son tour sous la rafale d'acier.
Lorsqu'elle abandonna la ligne occupée sur la Somme - de la mer à Amiens - pour défendre la Seine, la Xe Armée, qui comptait au début dix divisions, était réduite à quelques milliers d'hommes...
A. GUISSAN
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Est-ce de l'ironie feinte ou non, les unités françaises citées sont celles que les troupes allemandes exècrent le plus ! Quand elles emploient, au dos de certaines photographies de soldats de la Wehrmacht pendant la Campagne de France, l'expression « La grande Nation » terme historique d'origine française que les Allemands ont repris au fil du temps avec une forte connotation ironique, moqueuse ou condescendante, particulièrement visible lors de la débâcle de 1940.
Ces unités sont :
le
53e régiment d'infanterie coloniale mixte sénégalais composé principalement de tirailleurs sénégalais dont certains, après une défense farouche, sont massacrés par des unités allemandes à Airaines et dont la figure tutélaire reste le capitaine
N'Tchoréré fait prisonnier et ensuite abattu à coups de revolver.
Voir le sujet :
53e régiment d'infanterie coloniale mixte sénégalaisviewtopic.php?f=36&t=3375le
22e régiment de marche de volontaires étrangers composé de plusieurs dizaines de nationalités différentes, Le véritable "régiment des bouts de ficelles", mais composé pour beaucoup de soldats d'origine juive ou de républicains espagnols tous ardents opposants à l'Allemagne nazie.
Voir le sujet :
22e R.M.V.E. Marchélepot Fresnes-Mazancourt Miseryviewtopic.php?f=36&t=1141Voir également le sujet :
117e RI 25 mai au 6 juin 1940viewtopic.php?f=36&t=1099(*)
Sur les combats au sud d'AmiensVoir le sujet :
Combats du 5 & 6 juin 1940 à Cagnyviewtopic.php?f=36&t=2154Voir le sujet :
21e régiment d'infanterie à Ferrières et Fourdrinoyviewtopic.php?f=36&t=3457Voir le sujet :
29e régiment d'infanterieviewtopic.php?f=36&t=3360Voir le sujet :
89e régiment d'infanterie au sud d'Amiensviewtopic.php?f=36&t=3964Voir le sujet :
78e Régiment d'Infanterieviewtopic.php?f=36&t=3337(Liste non exhaustive)
** "
des coups d'arrêt héroïques : on pourrait dire insensés"
De ces soldats de 40 qui se battirent comme des lions jusqu'à faire sacrifice de leurs vies, on peut faire un parallèle avec la dernière scène qui voit la mort de
Cyrano de Bergerac dans la pièce d'Edmond Rostand :
Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !Cordialement
Eric Abadie