Bonjour,
Traduction de la citation du sergent MacLean, du 4e Borders, pour sa DCM (Distinguished Conduct Medal). À Saveuse, dans la Somme, le sergent J.S. Maclean, participa à l’attaque d’un nid de mitrailleuses, capturant les Allemands qui s’y trouvaient. Pour cette action, il reçut la Distinguished Conduct Medal. Sa citation se lit comme suit :
«
2692917 Sergent John Somerville MACLEAN
Recommandé pour l’attribution de la D.C.M. pour son initiative remarquable et son commandement inspirant.
La compagnie du sergent Maclean, transportée en camions, fut soudainement prise sous un feu de flanc à courte portée provenant de maisons dans le village de Saveuse. Les hommes descendirent immédiatement des véhicules et se mirent à couvert, mais comme les sous-unités avaient été réparties afin d’optimiser la capacité de transport, une certaine désorganisation tactique s’ensuivit.
Le sergent Maclean, comprenant rapidement que seules des actions offensives immédiates permettraient d’éviter de lourdes pertes, rassembla une poignée d’hommes, chargea l’ennemi le plus proche à la baïonnette à bout portant et le mit en fuite, lui infligeant en outre la perte de plusieurs prisonniers.
L’offensive menée sans hésitation par le sergent Maclean, son sang-froid et son courage constituèrent une magnifique source d’inspiration pour ses hommes et furent en grande partie responsables d’avoir évité une situation extrêmement dangereuse. »
On trouvera en pièce jointe la citation du sergent MacLean, document issu des archives britanniques, The National Archives, référence WO 373/15/437.
Le soldat Hunt des Queen's Bays a reçu la Médaille militaire. Sa citation officielle indique :
N° 320940 —
Soldat William George Hunt.
Pour son sang-froid, son courage et sa détermination.
Près de Saveuse-sur-Somme, le 24 mai 1940, il était le conducteur du char de son chef d’escadron. Au cours d’une attaque, son char fut touché par un obus, gravement endommagé, et tout l’équipage fut blessé. Malgré ses graves blessures, et entièrement de sa propre initiative, il réussit à ramener son char, presque impossible à conduire, sur une distance de trois kilomètres jusqu’au QG britannique le plus proche, sauvant ainsi la vie de son chef d’escadron et empêchant que le char ne tombe aux mains de l’ennemi.Le document correspondant est bien disponible aux archives nationales britanniques mais, trop abîmé, il ne peut être partagé sur ce forum.
Lien vers une page britannique qui détaille les combats de Saveuse le 24 mai 1940. Il apparaît vite que Saveuse est solidement tenu par les Allemands. Le briefing britannique ce matin-là donnait pourtant l'ennemi absent sur cette rive de la Somme. Un extrait :
La mitrailleuse fut réduite au silence, mais seulement pendant quelques minutes avant de reprendre le feu, endommageant les deux chars. Les Borders, cependant, qui « faisaient preuve d’un grand courage et d’un grand sang-froid », subirent de lourdes pertes et se mirent à couvert derrière les talus au bord de la route, tandis qu’un groupe lançait une charge à la baïonnette contre la position ennemie.
Le groupe des Bays et des Borders se retrouva alors sous le feu provenant de différentes positions : tirs de mitrailleuses depuis le cimetière de l’église à cent cinquante mètres devant eux, tirs de fusils depuis une grange près du pied du château d’eau, ainsi que tirs de mitrailleuses et de fusils depuis d’autres emplacements. Les tirs venant de la grange furent réduits au silence par le feu de la mitrailleuse Besa d’Erleigh ; les balles traçantes déclenchèrent un incendie dans la grange ; des dégâts considérables furent également infligés à une position située près d’un tombeau dans le cimetière.
Le peloton de mortiers de la compagnie « A » du 4e Borders reçut l’ordre de neutraliser les postes de tireurs embusqués et de mitrailleuses ennemis. Les Borders engagèrent plusieurs des quelque dix positions différentes d’où provenaient les tirs, dont une près de la grange Duton située à près de trois cents mètres du village. Les actions de l’infanterie réduisirent l’efficacité des mitrailleuses des chars en raison du danger constant de toucher accidentellement l’un des leurs.https://the1starmoureddivisionuk.wordpr ... -may-1940/Sur le même site, les actions ce jour-là à Picquigny et Ailly-sur-Somme.
https://the1starmoureddivisionuk.wordpr ... ay-1940-3/À la lecture de vos posts, recensant des soldats britanniques de diverses unités enterrés localement, quelques éléments de contexte sur ces actions du 24 mai 1940. Ces soldats ont perdu la vie dans des combats extrêmement durs, souvent menés dans la confusion et sans soutien suffisant. Le caractère improvisé explique pourquoi certaines colonnes britanniques tombent directement sur des embuscades allemandes autour d'Amiens. L'ordre était de s'emparer et de tenir les points de passage sur la Somme.
Traduction en français, ordre du commandement britannique :
Au cours de la soirée du 21 mai 1940, le général Evans reçut un message du Grand Quartier Général lui prescrivant :
– de s’emparer et de tenir les points de passage de la Somme de Picquigny à Pont-Rémy inclus. Cette mission devait être considérée comme de la plus haute urgence et exécutée dès qu’un régiment blindé, un escadron du génie de campagne, une troupe de parc du génie et un régiment léger antiaérien et antichars seraient disponibles ;
– de concentrer le reste de la brigade de tête à l’arrière de la Somme ;
– lorsque cette concentration serait achevée, de se tenir prêt à faire mouvement soit vers l’est, soit vers le nord, suivant les circonstances, afin d’opérer dans la zone du Corps expéditionnaire britannique.
Transcription original anglais :
During the evening of May the 21st General Evans received a message from General Headquarters which instructed him:
1. to seize and hold crossings of the Somme from Picquigny to Pont-Remy inclusive. This task was to be regarded as most urgent and was to be undertaken as soon as one armoured regiment, one field squadron, one Field Park troop, and one Light Anti-Aircraft and Anti-Tank Regiment were available.
2. to concentrate the remainder of the leading brigade in rear of the Somme;
3. when this had been done, to be prepared to move either eastwards or northwards according to circumstances in order to operate in the area of the British Expeditionary Force.Traduction du passage concernant cette action dans "The War in France and Flanders, 1939 – 1940", par l'historien militaire Lionel Frederic Ellis, His Majesty's Stationery Office, Londres 1954.
À ce moment-là, un détachement avancé de la 2e brigade blindée (issu des Queen's Bays), envoyé en avant pendant la nuit, atteignit Airaines (à sept kilomètres au sud-ouest de la Somme, près de Longpré-les-Corps-Saints) vers une heure du matin. Après avoir perdu deux chars sur des mines en tentant de s’emparer du pont près de Longpré, il constata que tous les ponts du secteur étaient minés, barricadés et gardés, tandis que la route longeant la rive occidentale était également bloquée.
Malgré cela, une attaque fut ordonnée contre les points de passage de Dreuil-lès-Amiens, Ailly-sur-Somme et Picquigny, une compagnie du Border Regiment et un peloton des Queen's Bays étant engagés dans chaque cas. Une attaque menée par des forces aussi réduites et dispersées était vouée à l’échec dès le départ. ["foredoomed to failure"]
À Ailly, le Border Regiment réussit à faire traverser la rivière à deux sections malgré la destruction du pont, mais elles ne purent recevoir un soutien suffisant, les chars étant incapables de franchir le cours d’eau ; elles furent finalement rappelées. Aucun des deux autres détachements ne réussit à atteindre la rivière, en raison de la solidité des positions allemandes tenant les têtes de pont sur la rive sud.
Plusieurs chars avaient été détruits ou mis hors de combat, et le 4e Border Regiment avait subi des pertes importantes lorsque l’attaque fut abandonnée. Aucun résultat concret n’avait été obtenu. Cette nuit-là, le 4e Border Regiment occupa un bois à douze kilomètres au sud de Ferrières, tandis que les Bays restaient en observation de la région comprise entre Ferrières et Cavillon.On ne peut que rejoindre le verdict de l'auteur britannique : trop peu, et trop tard. "
It will be realised by the reader of earlier chapters that it was already too late."
Bien cordialement.
Eric