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MessagePublié : lun. mai 26, 2025 12:33 pm 
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Mémoires de captivité de Jean Lamy (1939-1945)


VOIR : https://patrimoine-archives.reze.fr/med ... 1c04e9.pdf


page 9 et suivantes

AUTREPPES


Nous passons à La Capelle, petite bourgade de l'Aisne où nous subissons un bombardement atroce et qui n'en finit pas. Nous sommes exténués ; depuis le 10 mai, nous n'avons eu aucun repos. La nuit qui passe est assez calme, c'est la première nuit où nous pouvons enfin fermer l'œil. Nous dormons à une dizaine de camarades dans un champ.
Le 16 mai à 4 heures du matin, alerte générale : il faut se replier. C'est la débandade.
Pêle-mêle, nous nous rendons sur Saint-Quentin, grande commune de l'Aisne où nous subissons un bombardement intense. Le village est détruit. Beaucoup de morts autour de nous, surtout des civils qui cherchaient à fuir sur leurs grandes charrettes. Lorsqu'enfin cela cesse, nous repartons.
A un certain moment, nous nous arrêtons avec un petit groupe de copains dans une prairie pour nous reposer. Mais l'armée allemande
avance toujours : nous repartons donc sur les routes.
Les chemins sont encombrés de troupes et de civils qui fuient cet enfer, car l'armée française ne tient plus et aucun renfort n'arrive. Nous arrivons dans un petit village en Picardie, dont je n'oublierai jamais le nom : AUTREPPES.
Là, on nous dit d'attendre car des ordres vont arriver. Mais rien !
Vers 8 heures du soir, nous nous trouvons à un croisement de routes, lorsqu'un camarade, un nommé Gautier, de Nozay, s'écrie : « Les Anglais arrivent !»
Mais, grande déception, ce sont des chars allemands, mitrailleuse braquée sur nous. Nous ne pouvons rien faire. Impossible de répondre : nous sommes entre 70 et 80 soldats et nous ne disposons que de 2 ou 3 fusils. Alors pas question de faire quoi que ce soit. L'officier allemand juché sur le char nous dit de ne pas tirer ou nous sommes tous morts. Il poursuit et nous demande où sont les « tommies », nos camarades, les Anglais. Il continue et rajoute en ricanant que « vos amis les Anglais, eux ils ne font pas la guerre », « ils sont à Paris à s'amuser avec vos femmes ».
Nous sommes le 16 mai 1940, il est huit heures du soir et nous sommes à AUTREPPES près de Saint-Quentin dans l'Aisne. A partir de cet instant, nous sommes PRISONNIERS DE GUERRE.




Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : mar. mai 27, 2025 18:20 pm 
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Mémoires de captivité de Jean Lamy



Voir le sujet sur le 111e régiment d'artillerie lourde coloniale
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Cordialement
Eric Abadie


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