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Et si c’était lui le fusillé inconnu de la Citadelle d’Amiens ? Emile Tétaz, un habitant de Morisel de 24 ans, a totalement disparu le 31 août 1944 après son internement dans la citadelle d‘Amiens par les Allemands huit jours avant la libération d’Amiens. C’est ce qu’a découvert le féru de généalogie Christian Bochet.
Incarcéré pour vols de tabac et de chaussures, le Samarien a été emmené par les Allemands à la citadelle huit jours avant la libération d’Amiens.
Le féru de généalogie vient-il de faire une découverte historique ? Au cours de la seconde guerre mondiale, la Citadelle d’Amiens a été utilisée par les occupants allemands comme lieu de détention et d’exécution de résistants. Trente-cinq furent fusillés dans les fossés entre novembre 1940 et août 1944. Et si 35 noms sont affichés dans l’enceinte du poteau des fusillés de la Citadelle, il en manque un depuis 80 ans : celui d’un homme dont le corps n’a été retrouvé que le 14 mars 1946 sur le site.
Le féru de généalogie vient-il de faire une découverte historique ? Au cours de la seconde guerre mondiale, la Citadelle d’Amiens a été utilisée par les occupants allemands comme lieu de détention et d’exécution de résistants. Trente-cinq furent fusillés dans les fossés entre novembre 1940 et août 1944. Et si 35 noms sont affichés dans l’enceinte du poteau des fusillés de la Citadelle, il en manque un depuis 80 ans : celui d’un homme dont le corps n’a été retrouvé que le 14 mars 1946 sur le site.
Des éléments découverts par Christian Bochet, un habitant de Moreuil, peuvent laisser à penser que cet inconnu pourrait être Émile Georges Tétaz, né le 30 janvier 1920 à Verry-sur-Salmaise (Côte-d’Or) et habitant Morisel. Il avait été déclaré disparu le 31 août 1944.
« Pour moi et ma famille, ça a toujours été un grand mystère ce qui est arrivé à mon grand-père. Mon père ne l’a jamais connu. Et ma grand-mère ne nous a jamais rien dit », explique Jessica Tetaz, qui réside à… Morisel. Il y a quelques semaines, la Samarienne en avait parlé à Christian Bochet. Ce dernier a très rapidement fait de précieuses découvertes. Il a retrouvé le dossier du service des armées relatif à Émile Tetaz. Les documents officiels et articles de presse lui ont permis de percer une partie du mystère, et de mettre à jour cette piste sur l’inconnu de la citadelle.
Émile Tetaz s’est fait interpeller le 26 février 1944, avec son frère (disparu lui aussi) et deux autres acolytes, après avoir volé des chaussures en gare de Thézy, et du tabac à Plessis-Rozainvillers. Il sera condamné à trois ans de prison et incarcéré le 3 mars à la prison d’Amiens, route d’Albert (actuelle avenue de la Défense passive). Le 4 août 1944, depuis sa cellule, il écrit une lettre à son épouse, qui sera sa toute dernière trace de vie : « Il ne faut pas désespérer, la guerre va bientôt finir », écrit-il notamment.
Pour une raison inconnue, les Allemands sont allés chercher Emile Tetaz dans cette prison le 23 août 1944, pour le transférer à la citadelle. Si Amiens sera libérée le 31 août, le jeune Samarien ne donnera plus jamais signe de vie. « Sur cette fin de guerre et à l’approche des alliés, il est possible d’imaginer une exécution sommaire dans les fossés de la Citadelle mais il ne s’agit que d’une hypothèse de travail », expose Christian Bochet.
Pourquoi les Allemands ont-ils emmené le prisonnier ? C’est l’un des mystères. Suite à une demande d’attribution du titre d’interné politique par l’épouse du disparu, et sur demande du sous-préfet de Montdidier en date du 16 Août 1963, une enquête de gendarmerie de Moreuil a été diligentée. Sur procès-verbal, sa veuve indique qu’il « devait faire partie d’un réseau de résistants à Moreuil ». Les autres témoins entendus ne pourront le confirmer, et Emile Tetaz ne sera pas reconnu comme interné politique par les autorités d’alors.
Des interrogations demeurent cependant. Pourquoi certains documents mentionnent-ils qu’il est « mort en déportation » ? Pourquoi au sein des archives du service historique de la défense est-il classé dans la catégorie des personnes déportées et internées de la Résistance ? « Après de nombreuses heures de recherches, Émile n’apparaît pas sur les listes disponibles sur internet des déportés en Allemagne. Et pour moi, la proximité de la libération d’Amiens me fait douter d’un éventuel transfert dans un camp de déportation et de surcroît par rapport au motif de son incarcération, car nous parlons alors de prisonnier de droit commun », note Christian Bochet.
Du côté de l’association Centre de mémoire et d’Histoire de la Somme, résistance et déportation, on se dit « intéressé au plus haut point » par cette piste. Car l’identification de l’inconnu de la citadelle fait partie de ses objectifs : « Nous y travaillons de façon collégiale et régulièrement nous faisons un point sur ce que chacun a trouvé, ou pas », explique Anatolie Mukamusoni, la présidente.
Christian Bochet juge les coïncidences « assez troublantes et intéressantes » : « Cela nécessiterait une étude plus approfondie », estime-t-il, avançant l’idée d’une comparaison ADN pour obtenir des certitudes. Jessica Tetaz y est favorable : « S’il faut mon ADN pour procéder à des vérifications, je le ferai avec plaisir ».
Article paru dans le Courrier Picard par GAUTIER LECARDONNEL - 13 Septembre 2024
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