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DOULLENS
Quelques détails nouveaux sur la libération de la ville
Nous avons publié, déjà, une première relation de ce que fut la libération de Doullens. Aujourd'hui grâce à la narration que nous en firent plusieurs témoins oculaires, nous possédons quelques nouveaux et intéressants détails que voici : Le 1er septembre, dans la matinée, les derniers fuyards de l'armée allemande en déroute se hâtaient de traverser les ruines des rues du Bourg et des Boucheries, paraissant se diriger sur Arras. A midi, on signalait la présence des Anglais dans plusieurs villages, à l'Est de Doullens, notamment à Orville. Cependant, à 13 h 30, un sous-officier allemand contrôlait encore les laissez-passer à l'angle du boulevard et de la rue de Routequeue. Le dispositif de défense du dernier détachement protégeant la retraite allemande s'échelonnait de la place de la Halle au Lin où se trouvait une voiture d'observation et la rue du Bourg jusqu'aux pentes de la route d'Amiens, de la citadelle à la Briqueterie. Vers 14 heures, trois voitures blindées anglaises apparurent venant de la route d'Arras, marchant à une allure très lente, avec des intervalles de cent mètres environ entre chaque voiture. Les occupants de ces voitures furent reçus dès leur arrivée, par un groupe de patriotes entourant un drapeau tricolore. MM. CHOQUET, BOITTE, BOHL, MERLIN, DRIEUX, groupe auquel se joignit M. le Supérieur du collège Momtembert (sic), puis par le délégué du "Souvenir Français", porteur du fanion de ce groupement. Après avoir reconnu la présence des Allemands à l'intérieur de la ville et après avoir recueilli les renseignements qui leur étaient nécessaires, les trois voitures blindées rebroussèrent chemin et allèrent rejoindre une formation de chars d'assaut qui se trouvait à la côte d'Arras, laquelle engagea le combat en tirant sur les Allemands postés à la côte d'Amiens, pendant que d'autres chars anglais, venant de Beauval, attaquaient ceux-ci à revers et se déployaient en plaine. Des avions de la "Royal Air Force", prirent part également au combat qui se prolongea pendant quelques heures avec violence et pendant lequel la minoterie de M. FLAMAND, au pont d'Authie, fut incendiée. Vers 17 heures 30, de nouveaux tanks anglais apparurent venant de la rue de Routequeue et pénétrèrent dans la ville. Un peu plus tard, d'autres tanks encore sortirent en grand nombre par la rue d'Arras et poursuivirent leur avance vers le nord et le nord-est. Peu de temps après 19 heures, toute résistance cessa. Le drapeau français fur arboré en haut de la tour du beffroi, pendant que la cloche "Jeanne d'Auxi" était mise en branle et sonnait à toute volée le carillon d'allégresse de la libération L'Hôtel de Ville fut aussi pavoisé. Les notabilités de la ville présentes au moment de la libération : MM. le Dr PONTHIEU, JOZET et RUDET, conseillers municipaux, Mme PONTHIEU, vice-présidente de la Croix-Rouge, Mlle DEMACON institutrice, et M. DEMACON, ancien inspecteur des enfants assistés, acclamèrent les vainqueurs auxquels les habitants demeurés dans la ville, malgré leur dénuement, apportèrent des fruits et des rafraichissements. Le lendemain 2 septembre dans la matinée, en présence de M. le Dr PONTHIEU, des conseillers municipaux déjà cités, de quelques patriotes et anciens combattants, les couleurs françaises furent hissées au sommet du monument élevé à la mémoire des enfants de Doullens, Morts pour la France, cependant que Mme Henri MARGRY, déposait au pied de la stèle une magnifique gerbe de fleurs tricolores. Puis des bouquets fleurirent également la pierre du Souvenir au cimetière militaire anglais.
La Picardie Nouvelle, numéro 12 (Mercredi 13 septembre 1944) 711PER1 Archives de la Somme
Cordialement Eric Abadie
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