|
La générosité américaine
Automne 1940
La Croix-Rouge Américaine témoigne a sollicitude à la population picarde
Tout récemment, l'attention de curieux qui en grand nombre, circulaient vers midi, rue de la République, à Amiens, était attirée par la présence d'un convoi de camions stationnés devant la Préfecture. Ces puissants véhicules portaient sur leur carrosserie, la symbolique Croix-Rouge et sur la portière, était peint le drapeau étoilé de Etats-Unis. Ils apportaient dans notre département, un stock très important de matériel sanitaire de toute sorte, représentant une somme de plusieurs millions de francs. A la demande de M. le Préfet de la Somme, la Croix-Rouge Américaine a bien voulu en effet, envoyer de nombreuses fournitures pharmaceutiques, des objets de pansements, de instruments de médecine et de chirurgie, des appareils de radiologie. Destinées à la population civile de la région, toutes ces fournitures vont être incessamment réparties entre les différents hôpitaux, hospices et cliniques de la Somme. Elles permettront aux services sanitaires de répondre aux besoins urgents nécessités par la saison d'hiver et son triste cortège de maladies. Quatre camions sont ainsi arrivés à Péronne, 6 à Abbeville et neuf à Amiens ; c'est assez dire l'importance de ces dons généreux autant que de première utilité. M. Paul ANDERSON et Miss Elisabeth CARNALT, délégués de la Croix-Rouge Américaine accompagnaient ces convois. M. le Préfet de la Somme, très touché par cette marque de sympathie envers les populations sinistrées, les remercia chaleureusement et leur exprima sa vive reconnaissance. Le représentants de la Croix-Rouge, qu'accompagnaient M. le docteur MANS, inspecteur du Service départemental d'hygiène, furent également reçus dans les Hôtels de Ville d'Amiens, d'Abbeville et de Péronne, où les maires leur témoignèrent, en termes choisis, le sentiment de leur gratitude. La population picarde, si éprouvée dans tous les domaines, par les événements de mai dernier, ne manquera pas d'apprécier hautement le geste généreux et de solidarité de la Croix-Rouge. Ajoutons, en terminant, que d'autres convois, du même genre, doivent être faits à nouveau et qu'ils seront, comme les premiers, on s'en doute, les bienvenus dans les établissements hospitaliers où ils rendront les plus grands services.
Le Progrès de la Somme, numéro 22202, 9 novembre 1940 259PER292 Archives de la Somme
Cordialement Eric Abadie
|