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Ham sous l'occupation allemande 1940-1944


Article du Courrier Picard publié le 15 Avril 2018

Le résistant oublié du sabotage de l’usine Sébastopol

Marc MIGNOT a fait partie du groupe de résistants qui a participé à cet acte de résistance.

L’article « A la mémoire de mon père, ce héros de la résistance », paru dans notre édition du 24 février, a fait réagir une Hamoise, Roselyne Mignot. Cette dernière s’est étonnée que son père Marc MIGNOT ne figure pas dans l’article relatant l’action de sabotage dans l’usine Sébastopol, à Ham (Somme) dans la nuit du 3 au 4 décembre 1943, réalisée par trois résistants, Paul VAUDOYER, Robert BIBAUT et Maurice COUTTE. Arrêtés par la Gestapo, emprisonnés et torturés, les trois hommes décéderont lors du bombardement allié de la prison d’Amiens (opération Jéricho), le 18 février 1944. Seul Marc MIGNOT en réchappa.

Or dans la brochure éditée par le musée de la résistance et de la déportation de Picardie « Les sentiers de la Mémoire » si une double page est bien consacré à l’acte d’héroïsme de Vaudoyer-Bibaut-Coutte, il n’apparaît nulle part le nom de ce quatrième homme. Interrogés, les responsables du musée reconnaissent ne pas avoir eu trace de son existence.

« au nom du devoir de mémoire pour toute notre famille ».

« Pourtant mon père était bien présent » assure sa fille, documents à l’appui dont celui du capitaine des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) du groupement de l’Aisne Dromas à la Libération. « Dans son attestation, il stipule bien que l’opération a été menée par quatre hommes et non trois. Mais des dissensions internes seraient apparus au sein du groupe d’où l’oubli de sa participation », croit savoir sa fille qui veut réparer cette injustice « au nom du devoir de mémoire pour toute notre famille ».

« S’il est le seul parmi les quatre à s’en être sorti indemne, il a eu la colonne vertébrale touchée et été déporté outre-Rhin en camp de travail à Coswig en Allemagne, jusqu’au 23 mai 1945 date de son retour en France, dans un état indescriptible. »

Après guerre, Marc MIGNOT est revenu vivre dans sa région natale, à Ham en reprenant son travail dans l’usine Cuivres et Alliages (ex Sebastopol). Il y restera jusqu’à son décès le 25 février 1968, à l’âge de 44 ans. A l’époque, des coupures de journaux évoquent la disparition de ce « charmant garçon, combattant volontaire de la résistance et invalide de guerre ».

Appartenant au bureau de la section des déportés de Péronne, il était aussi connu à Ham comme « un membre dévoué de l’Union sportive de Ham où il s’occupait des footballeurs cadets et minimes » et où il aura entraîné un certain Jean-Paul Vaudoyer, fils d’un des quatre auteurs de l’attentat de l’usine Sébastopol...

Ludovic LASCOMBE


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Titres, homologations et services pour faits de résistance (Mémoires des Hommes)

MIGNOT Marc Charles Gaston
Né le 28 juillet 1923 à Berlancourt (Oise)
Statut : déporté résistant
Famille résistance :

déportés et internés de la résistance (DIR)
forces françaises de l’intérieur (FFI)

Cote(s)
Service historique de la Défense, Vincennes - GR 16 P 418727
Service historique de la Défense, Caen SHD/ AC 21 P 598329
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... bfe3440e0d


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Condamnés à mort par le tribunal militaire allemand d’Amiens, le 10 février, les quatre hommes furent parmi les victimes du bombardement allié qui visait la prison d’Amiens, le 18 février 1944, lors de l’opération Jericho. On retrouva sous les décombres le corps de Maurice COUTTE, Paul VAUDOYER et Maurice BIBAUT.
Marc MIGNOT fut grièvement blessé, transféré à l’hôpital de Dury (Somme) jusqu’au 30 mars. Il fut ensuite emmené à la prison du Cherche-Midi à Paris. Le 6 juin il fut déporté, emprisonné à Rheinbach, puis affecté dans un kommando à Kassel. Il fut libéré par les Soviétiques le 7 mai, et il put rentrer en France le 30.

Extrait de :
https://fusilles-40-44.maitron.fr/coutt ... ce-julien/


Marc MIGNOT, quant à lui, est déporté au camp de travail forcé de Coswig, en Saxe ; il réussit à survivre et rentre à Ham à la fin du conflit en 1945.

Marc MIGNOT
Né le 28 juillet 1923 à Berlancourt (Oise)
Profession en 1940 : Dresseur de profilés
Domicile en 1940 : Brouchy
Décédé le 25 février 1968 à Ham (Somme), à l'âge de 44 ans
Ouvrier métallurgique, résistant


Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1943, sur son lieu de travail, il verse de l'acide sur des moteurs. Arrêté le 6 décembre 1943, il est interné à la prison d'Amiens dans la même cellule que Paul Vaudoyer, Maurice Coutte et Maurice Bibaut qui ont, eux aussi, participé au sabotage. Les quatre hommes sont condamnés à mort par le Tribunal militaire allemand d'Amiens. Le 18 février 1944, Marc Mignot est grièvement blessé et ses trois camarades meurent au cours du bombardement de la prison. Transporté d'abord au Nouvel Hôpital d'Amiens, les Allemands l'emmènent le lendemain à l'hôpital de Dury où il est soigné jusqu'au 30 mars. Il est détenu ensuite à la prison du Cherche-Midi à Paris jusqu'au 6 juin, date de sa déportation en Allemagne. Il est emprisonné à Rheinbach puis envoyé dans un Kommando à Kassel. Le 7 mai 1945, Marc Mignot est libéré par l'armée soviétique et il rentre en France le 30 mai. - Musée de la Résistance en ligne.



Cordialement
Eric Abadie


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