Merci Laurent pour la photo, voici un extrait du livre "
Un aérodrome peu connu - Les Aigles - Gouvieux-Chantilly - août 1939 - juin 1940" pour cette journée du 23 mai :
Citer :
23 mai 1940 :
Cinq couvertures du terrain et de la région de Creil ont eu lieu au cours de cette journée. C’est le calme plat. Pas de point noir dans le ciel.
Des pilotes signalent avoir entendu un poste radiophonique puissant émettant en langue étrangère dés le départ des avions. Le service compétant est alerté. Les recherches s’avèrent difficiles. Aucune découverte n’est faite.
Depuis quelques jours, des avions considérés comme étrangers viennent survoler Gouvieux - Chantilly et les environs. Ils ressemblent par leurs formes aux Potez 63 et portent des cocardes. Les pilotes qui les ont vus assurent qu’ils ont des moteurs en lignes.
Il s’agit en effet de Potez 63 des escadrilles de chasse de nuit de la région parisienne qui collaborent, depuis le 10 mai, à des missions de jour pour la défense de la capitale.
Deux Potez de ces unités sont victimes, dans cette journée, de méprises de pilotes du groupe qui les prennent pour des Me 110 dont la silhouette s’apparente à celle des Potez. L’un de ces derniers, qui appartient à l’escadrille I/13 échappe de justesse à une rafale. L’autre de l’escadrille 2/13, piloté par le Sergent-chef Collinot ayant comme mitrailleur l’Adjudant-chef Lepage, est attaqué inopinément, à bout portant, à la verticale du Plessis - Belleville, par une patrouille du groupe. Le Potez désemparé est abattu. Il pique, atterrit à trois cent à l’heure et prend feu. Par une chance providentielle, l’équipage s’en tire avec des blessures d’éclats d’obus et des brûlures assez légères.
Il s’agit avant tout d’éviter le retour de ces funestes méprises. Ordre est donné d’agrandir considérablement les cocardes des Potez et de pourvoir des appareils de bandes blanches longitudinales de dimensions respectables. De leur côté, les groupes de chasse opérant dans la région parisienne seront prévenus des missions et des envols des Potez.
Dans la journée, le capitaine Garde et l’Adjudant Delegay vont à Rouen voir l’Adjudant Levasseur. Ils le trouvent méconnaissable, mais animé d’un excellent moral. En fin de journée,
Persan - Beaumont, terrain très voisin du terrain des Aigles et occupé par le G.C. III/1, est complètement bouleversé par un bombardement.
Le G.C. I/1 a fourni, ce 23 mai, vingt-cinq sorties sans qu’aucun ennemi n’ait été intercepté.
...