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 Sujet du message : à propos du GC I/1
MessagePublié : jeu. oct. 18, 2007 21:34 pm 
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En consultant les articles concernants la chasse française, j'ai vu que le GC I/1 basé à Beauvais avait pour insigne l'archer et le coq.En 1979 j'ai fait mon service dans la chasse (Jaguars) à St Dizier au 2/7 (2ème escadron de la 7ème escadre) et notre insigne était ce fameux coq...avec sa devise "chante et combat" :wink:


(je ne sais plus qui avait posté cela - frédéric Webmaster)

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MessagePublié : jeu. oct. 18, 2007 21:35 pm 
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Le G.C. I/1 a surtout été basé à Gouvieux sur le terrain des aigles, n'ayant fait qu'une courte apparition à Beauvais.

Sinon, oui "chante et combat" était bien la devise de la 2 ème escadrille elle même ex. Spa 48.

Après la dissolution du G.C. I/1, les escadrilles ont été reversées dans un autre G.C. mais les devises et emblèmes restent attachés (c'est l'historique).

Suite à la parution du livre sur le G.C. I/1 , j'avais particulièrement été touché par un geste d'un des pilotes qui avait appartenu au G.C. I/1 mais période Bron - Lyon (>juin 1940) (qui n'avait donc pas connu les combats de mai-juin). Ce pilote que j'avais retrouvé, m'avait offert son emblème/épingle du coq. il avait connu le sergent-chef Teillet, as du G.C. I/1. Assez sensationnel comme rencontre.

Voici la photo de l'insigne :

Image

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MessagePublié : jeu. oct. 18, 2007 21:37 pm 
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et voici l'hstorique de l'unité complète

EC 2/7 Argonne
L'Escadron de Chasse 2/7 est composé des escadrilles SPA 31, SPA 48 et SPA 154.


L'Escadron de Chasse 2/7 Argonne perpétue les traditions des escadrilles SPA 31 (Archer Romain, devise Droit au But, créée le 24 Septembre 1914 à Dijon) et SPA 48 (Tête de coq, devise Chante et Combat, créée le 19 Mars 1915 en tant que MS 48 puis N 48

La MS 31, équipée de Morane-Saulnier, a pour mission la reconnaissance photographique et le lancement de fléchettes Bon en acier, l'un des premières armes air-sol de la Grande Guerre. Elle remporte sa première victoire le 27 mars 1915. Rééquipée en Nieuport X, elle devient N 31 le 20 Septembre 1915. Début 1917, elle commence à percevoir des SPAD VII puis des SPAD XIII en Septembre, mois au cours duquel elle prend sa dénomination définitive de SPA 31. A la fin de le guerre, elle sera titulaire de 46 victoires homologuées, dont 4 Drachen.

Le 1er Janvier 1920, les SPA 31 et 48 deviennent respectivement 4ème et 5ème escadrilles au sein du 2ème Groupe de Chasse (avec la SPA 94) du 1er Régiment d'Aviation de Chasse de Thionville. On les retrouve 5ème et 6ème escadrilles du 34ème Régiment d'Aviation Mixte le 1er Janvier 1924. Le groupe remporte deux fois la coupe Military Zenith (1928 et 1931), qui lui sera définitivement attribuée. En 1931, il effectue un raid en Afrique du Nord.

Le 1er Juillet 1932, les SPA 31 et 48 forment le Groupe de Chasse I/1. En 1939, équipé de Dewoitine 510 puis de Marcel Bloch 152, il participe à la campagne de France et remporte 25 victoires confirmées. Maintenu après l'armistice, le GC I/1 sera atteint par la dissolution générale des unités de l'Armée de l'Air, le 1er Décembre 1942, alors qu'il est équipé de Dewoitine 520 depuis le 28 Mai.

Le 1er Février 1953, l'escadron renaît sous l'appellation Escadron de Chasse 3/1 Argonne, basé à Saint-Dizier et équipé de Republic F-84G Thunderjet. L'escadron participe au maintien de l'ordre en Algérie en Février-Mars 1956, en parrainant les EALA 2/71, 14/72 et 20/72. Il est équipé de F-84F Thunderstreak en Mai 1956 et prend part à l'expédition du Canal de Suez en Octobre-Novembre de la même année. Le 1er Novembre 1957, l'escadron est dissous en raison des problèmes d'effectifs liés à la participation de l'Armée de l'Air aux événements d'Afrique du Nord.

Le 11 Octobre 1974, les SPA 31 et 48 forment à nouveau officiellement l'EC 2/7 Argonne équipé de Jaguar et à nouveau basé à Saint-Dizier. Il a pour mission la transformation des pilotes sur Jagar. A partir de 1978, il fournit également des détachements en Afrique. Et en 1991, plusieurs de ses pilotes prendront part à la Guerre du Golfe. En Mai 1994, les 75 000 heures de vol sur Jaguar sont dépassées. Près de 750 pilotes auront été formés sur cet appareil. En Octobre 1995, trois Alpha Jet sont mis en place au sein de l'escadron.

Le 2 Juillet 1994, l'escadron reçoit une troisième escadrille qui reprend les traditions de la SPA 154.

Le 8 Juin 2001, l'unité est dissoute, et une partie de ses appareils et effectifs réaffectés au Provence

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MessagePublié : jeu. oct. 18, 2007 21:43 pm 
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Jean a écrit :
Bonjour,
Cela peut, peut-être vous intéresser. Ce sont quelques informations provenant du Service Historique de l'Armée de l'Air.

C'est le 23 août 1939 que l'aviation, mise en état d'alerte, gagne ses positions de base. Le groupe de chasse stationné à Chartres gagne le terrain de Beauvais Tillé pendant que celui d'Etampes s'installe à Chantilly les Aigles, sur l'hippodrome . Le P.C s'installe à Chantilly. Une aile du bâtiment des Jockeys est aménagée pour le personnel et les pistes d'entraînement des chevaux sont aménagées en pistes d'atterrissage pour avions. Les arbres des alentours permettent de camoufler les appareils.
De nouveaux appareils, des Bloch 512, sont prévus; une campagne de prise en main et de tir est décidée. Elle doit avoir lieu à Marignane mais un brouillard persistant sur Lyon empêche les avions de s'y regrouper et la campagne est repoussée en janvier et février 1940. A l'issu de cet entraînement intensif les pilotes et leur nouvel appareil reviennent sur Beauvais. Mais le terrain est rendu difficilement praticable à cause de la boue et tous reviennent à Chantilly le 2 mars.

Mars et avril 1940 : les pilotes poursuivent leur entraînement ce qui ne va pas sans incident ou accident. C'est ainsi que, suite à une fausse manœuvre, un appareil s'écrase sur le viaduc de la Canardière. Le pilote décèdera à l'hôpital de Senlis.

Une information surprenante provient de la base de Compiègne . Il faut attendre le 13 mai, le lendemain de la percée de Sedan, pour que, à la fin d’une alerte, " les adjudants soient dotés d’un revolver et de 30 cartouches". Croyait-on encore au miracle (source : SHAA cote 2B10 SERIE F carton 9123)

19 mai 1940 : l’état major de la zone d’opération aérienne Nord et le groupe de chasse situé à Laon ont du se replier sans matériel sur Chantilly où se trouve depuis le 16, le poste de commandement du général d’Astier de la Vigerie, commandant de la ZOA nord.

6 juin 1940 : Deux bombardiers survolent le terrain des Aigles à 3000 m et plongent en larguant un chapelet de bombes dont l’une tombe sur le poste de commandement du groupe 21 : le général Pinsard et son adjoint sont sérieusement touchés, trois soldats sont tués et de nombreux sont blessés. Les missions de destructions se poursuivent dans le secteur de Montdidier, avec des engagements sur le chemin du retour à hauteur de Pont Ste Maxence. En fin de soirée l’ensemble de l'échelon volant gagne le petit terrain poussiéreux de Chavenay-Villepreux, à l’ouest de Versailles.

Et pour terminer, une petite anecdote, qui serait amusante si elle n’était pas triste, montre l’état de notre désorganisation et de notre peu de moyen de communication :(source :SHAA cote U534.9 )
15 juin, à 13h, un avion français survole en rase motte le terrain de Persan, laisse tomber un message " partir immédiatement, incendier les avions qui ne seront pas partis à 16h "

Je peux communiquer les notes prises aux Archives. Mais attention : ce sont des notes prises sur place, non corrigées, avec parfois des fautes de frappe et des informations qui n'intéressent pas directement la région. En outre c'est assez lourd; Concernant le CG I/1 (cote U531) il y a 3 pages au format Word. Je n'ai pas le temps de les travailler.

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MessagePublié : jeu. oct. 18, 2007 21:46 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 22:28 pm
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Jean a écrit :

Mars et avril 1940 : les pilotes poursuivent leur entraînement ce qui ne va pas sans incident ou accident. C'est ainsi que, suite à une fausse manœuvre, un appareil s'écrase sur le viaduc de la Canardière. Le pilote décèdera à l'hôpital de Senlis.

Jean


Merci Jean pour toutes ces précisions.
Je ne me souvenais pas que le viaduc avait été percuté (ce n'est qu'un détail), mais voilà ce que j'avais trouvé dans le journal de marche du G.C. I/1:

Cet accident a eu lieu le 23 avril et concerne le caporal-chef Krakora (un pilote tchèque ). Alors en exercice de combat avec le l'adjudant-chef Levasseur, son avion prend feu (raisons inconnues). Des témoins le voient partir en retournement, redresser, partir à nouveau en retournement et percuter près du viaduc. On ne retrouvera que son corps carbonisé. (d'après le journal de marche du G.C. I/1) Les notes d'un des pilotes précisent, qu'un militaire et un civil sont blessés par l'explosion d'un chargeur de mitrailleuse (ou un obus d'après le rapport de l'infirmerie). Ils sont transportés à l'hopital Saint-Joseph à Senlis. Le civil mourra pendant la nuit (un jeune de 17 ans).

Les obsèques du caporal-chef Krakora ont lieu le 26 avril à Senlis. Le Général Pinsard (Cdt le Groupement de chasse 21) et une délégation tchèque sont présents.

Voilà pour d'autres petites précisions.

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 Sujet du message : Général Pinsard
MessagePublié : mar. juil. 29, 2008 17:00 pm 
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S'agit-il du même Général Pinsard qui aurait inspiré le cinéaste Jean Renoir dans "la grande illusion" ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Illusion
http://www.allocine.fr/film/anecdote_ge ... age=1.html

Par ailleurs, le GC I/1 (SPA 31 et 48) avant de "partir aux armées" vers Chantilly-Gouvieux était auparavant stationné sur la B.A.251 à Etampes-Mondésir du 29 octobre 1936 au 15 avril 1939, ainsi que d'ailleurs les groupes :
- GC II/1 (SPA 94 et 62) dirigé vers Buc(*),
- GC III/1,
- VB 135 (doté de Potez 631) dirigé vers Meaux(*)
et RXI239 (également doté de Potez 631) http://fr.wikipedia.org/wiki/Base_a%C3% ... d%C3%A9sir

(*) http://gaubs.free.fr/--DATES--/R%E9cit.htm


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 Sujet du message : Re: Général Pinsard
MessagePublié : dim. août 10, 2008 18:49 pm 
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Patrick PALLIER a écrit :
S'agit-il du même Général Pinsard qui aurait inspiré le cinéaste Jean Renoir dans "la grande illusion" ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Illusion
http://www.allocine.fr/film/anecdote_ge ... age=1.html



cela doit être le même. Le général Pinsard du Groupement de Chasse 21 avait en effet été pilote pendant la 1 GM.

On a dit de lui qu'il avait trouvé une planque en étant en poste à Chantilly où il était plus présent dans les vastes forêts à faire du cheval en galantes compagnie que sur les Aigles à s'occuper de ses hommes ... mais ce n'est là que petite histoire ...

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 Sujet du message :
MessagePublié : dim. août 10, 2008 18:56 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 22:28 pm
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Voilà un élément de réponse

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Pinsard

(même si je n'aime pas trop wikipédia ! :? J'explique :

Je cite Wikipédia : Armand Pinsard se distingue à nouveau en servant dans l'Armée de l'Air française pendant la Seconde Guerre mondiale, perdant une jambe lors d'un combat aérien le 6 juin 1940.


Pinsard n'a fait aucun combat pendant la 2 GM. Blessé à une jambe oui mais à cause d'un bombardement. Voir "Un aérodrome peu connu - Les Aigles - " page 157

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MessagePublié : lun. août 11, 2008 10:48 am 
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Bonjour

En complément de l'article de wikipedia (moi non plus je ne suis pas fan :? )

Cne Armand PINSARD : Commandant d'escadrille N 78 le 30 Novembre 1916 puis également Commandant l'escadrille N 23 le 10 Septembre 1917
Sources: Les escadrilles de l'aéronautique militaire Française 1912-1920 S.H.A.A

Amicalement . Eric


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MessagePublié : dim. août 31, 2008 18:19 pm 
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Le GC I/1 faisait partie de la DAT (Défense aérienne du territoire), était chargé de la défense de Paris et dépendait du Groupement de chasse n°21 dirigé par le général Armand Pinsard et de la ZAON puis, à partir du 12 mai 40 du Groupement de chasse n°23 dirigé par le général Romatet (eux-même placés sous les ordres du général d'Astier de la Vigerie, chef de la ZAON et futur compagnon de la Libération).
Ils se composait de 2 escadrilles: les SPA n°31 (les archers) et SPA n°48 (le coq chantant), dont les devises étaient respectivement: "Droit au but" et "Chante et combat".
Ses Dewoitine D.510 à train d'atterrissage fixe et cockpit ouvert furent hâtivement remplacés début 1940, par le Bloch MB 152 chasseur de seconde ligne, quasiment à l'état de prototypes et qui dû être mis au point, par ce groupe de chasse. Avec un tel matériel le GC I/1 ne pouvait qu'être utilisé à des fins défensives, doctrine d'ailleurs bien dans l'air du temps en France, à cette époque et qui plaçait les groupes de la DAT au seconde plan, par rapport à ceux plus proches de nos frontières, dotés eux en 1940, de chasseurs plus performants: Curtiss H75(P36) ou Dewoitine D 520 et Morane MS-406.

Le prototype MB-150 s'avéra impossible à produire en série et du faire l'objet de versions dérivées, constructibles en série par la SNCASO: MB-151, puis MB-152. Doté une vitesse maximale inférieure au Me 109, le Bloch MB 152, était un appareil de transition, en attendant l'arrivée des Dewoitine D.520(1).
Mais il a pu tirer honorablement tirer son épingle du jeu(2), du fait certaines de ses qualités, telles que:
- une manoeuvrabilité supérieure au Me 109;
- sa stabilité en tant que plate-forme de tir;
- sa robustesse à encaisser les coups de l'adversaire;
- l'adresse et l'entrainement du personnel chargé de sa mise en oeuvre.

Dommage que:
- doté d'une autonomie de vol insuffisante;
- ayant une vitesse en piqué insuffisante (avec le capot large d'origine de 1m);
- doté d'une radio de bord inefficace;
- bien que doté de nombreuses armes de bord, celles-ci s'enrayaient rapidement, notamment les canons en altitude du fait du gel;
- que les alertes (par guet uniquement) se soient rapidement avérées inefficaces, car saturées par les offensives allemandes ou trop lentes à parvenir aux groupes aériens.

Au niveau de la doctrine d'emploi des forces aériennes:
il semble également que le "saupoudrage" d'appareils pratiqué par l'état-major français se soit révélé moins efficace que la stratégie de la Luftwaffe qui privilégiait des formations massives d'appareils aux missions complémentaires (Me Bf-109 et Bf-110 pour la chasse, Junker Ju-87 Stucka pour les attaques en piqué, Junker Ju-88, Heinkel He-111 et Dornier Do-17 pour les bombardements à l'horizontale, Henschel Hs-126 et Fieseler Storch pour l'observation des mouvements de troupe et Junker Ju-52 pour le transport et les largages de parachustistes (notamment sur le fameux fort belge d’ Eben-Emael jugé inexpugnable et pivot des armées franco-britanniques montées en Belgique.
La guéguerre que se jouaient l'armée de terre et la jeune armée de l'air, pour l'exclusivité de l'emploi des aéronefs, n'a évidemment rien arrangé.

Si le positionnement du GC I/1 au nord de Paris s'est avéré un succès au plan du camouflage procuré par le couvert naturel de Chantilly, il s'est avéré une erreur, du fait que les pilotes français étaient souvent "coiffés" par la Luftwaffe (en position d'infériorité d'altitude) du fait d'une alerte par guet, obsolète conjuguée à une vitesse des bombardiers allemands au moins équivalente, si ce n'est supérieure, à celle de nos chasseurs.

Partagé-vous la même opinion, ou avez-vous un jugement différent sur ce sujet ?

(1) le GC I/1 percevra ses D 520 en juin 1942

(2) 25 victoires pour 16 pertes (http://pagesperso-orange.fr/frenchaces/m+gc.html)


Dernière édition par Patrick PALLIER le ven. juin 18, 2010 9:05 am, édité 3 fois.

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MessagePublié : dim. août 31, 2008 18:35 pm 
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Frédéric Gondron a écrit :
Voilà un élément de réponse

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Pinsard

(même si je n'aime pas trop wikipédia ! :? J'explique :

Je cite Wikipédia : Armand Pinsard se distingue à nouveau en servant dans l'Armée de l'Air française pendant la Seconde Guerre mondiale, perdant une jambe lors d'un combat aérien le 6 juin 1940.


Pinsard n'a fait aucun combat pendant la 2 GM. Blessé à une jambe oui mais à cause d'un bombardement. Voir "Un aérodrome peu connu - Les Aigles - " page 157


il est possible de contribuer à améliorer Wikipédia, soit individuellement, soit au travers d'une association spécialisée en aéronautique, telle que 3AF: http://www.aaafasso.fr/crbst_32.html


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MessagePublié : dim. août 31, 2008 21:28 pm 
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Localisation : 95200 Sarcelles
Patrick PALLIER a écrit :
Le GC I/1 faisait partie de la DAT (Défense aérienne du territoire) et dépendait du Groupement de chasse nr21 dirigé par le général Armand Pinsard et de la ZOAN puis, à partir du 12 mai 40 du Groupement de chasse nr23 dirigé par le général Romatet.
Du fait de son appartenance à la DAT, il ne lui était confié que des missions défensives. Ce type de mission reléguait les groupes de la DAT en seconde plan, par rapport à ceux plus proches de nos frontières, dotés eux en 1940, de chasseurs plus performants (Curtiss H75(P36) ou Dewoitine D 520).

Il a été le 1er groupe de chasse à être équipé du Bloch-SNCASO MB-152, ce qui lui a valu "d'essuyer les plâtres", alors que la situation exigeait des intercepteurs fiables. Cet appareil, sous-motorisé, compliqué à produire en série et doté une vitesse maximale inférieure au Me 109, a été commandé parcequ'il fallait rééquiper de toute urgence les groupes de chasse, d'appareils plus modernes que le Dewoitine 510 et attendant l'arrivée massive prévue, de Dewoitine D.520 et d'Arsenal VG33. Appareil de transition(1), il a pu tirer honorablement son épingle du jeu(2) bien qu'il ait obtenu le ratio: victoires/pertes le plus bas des chasseurs français en ligne. Il disposait de quelques qualités et d'avantage de défauts.

Au nombre des qualités, l'on pouvait noter:
- une bonne visibilité extérieure;
- une manoeuvrabilité correcte à basse altitude (malgré une certaine inertie des commandes de vol), mais mauvaise en altitude;
- sa bonne stabilité, comme plate-forme de tir;
- ses remarquables capacités à encaisser les coups de l'adversaire;
- l'adresse et l'entrainement du personnel chargé de sa mise en oeuvre.

Dommage qu'il ait été doté:
- d'un moteur insuffisamment puissant et d'une autonomie de vol réduite;
- d'une surface frontale importante qui limitait les possibilités en piqués;
- d'une radio de bord inefficace(rupture d'antenne de réception);
- de 2 canons et 2 mitrailleuses, mais ceux-ci s'enrayaient rapidement, notamment en altitude du fait du gel;
- de fréquentes chutes de pression d'huile;
- de fréquents blocages d'hélice à un pas quelconque;;
- de ruptures de la patte d'attache de l'arbre de transmission du démarreur;
- de grosses difficultés de mise en route par temps froid (nécessitera la mise en place de véhicules d'aide au démarrage)
- la lenteur en ravitaillement de pièces détachées (qui pèsera sur le parc d'appareils disponibles).

Au niveau de la doctrine d'emploi des forces aériennes, il semble que:
- le "saupoudrage" d'appareils pratiqué par les français se soit révélé moins efficace, que la stratégie de la Luftwaffe consistant à utiliser des formations massives d'appareils aux missions complémentaires.
- le dispositif de guet à vue (le radar n'était pas encore opérationnel) se soit rapidement avéré inefficace, pour des raisons de délais et de saturation.
Tandis que la guéguerre que se jouaient l'armée de terre et la jeune armée de l'air, pour l'emploi des aéronefs n'a rien arrangé.

Partagé-vous la même opinion, ou avez-vous un jugement différent sur ce sujet ?

(1) le GC I/1 percevra ses D 520 en juin 1942

(2) 25 victoires pour 16 pertes (http://pagesperso-orange.fr/frenchaces/m+gc.html)


Dernière édition par Patrick PALLIER le mer. sept. 03, 2008 15:30 pm, édité 1 fois.

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MessagePublié : mer. sept. 03, 2008 8:13 am 
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Patrick PALLIER a écrit :
Le GC I/1 faisait partie de la DAT (Défense aérienne du territoire) et dépendait du Groupement de chasse nr21 dirigé par le général Armand Pinsard et de la ZAON puis, à partir du 12 mai 40 du Groupement de chasse nr23 dirigé par le général Romatet.
Du fait de son appartenance à la DAT, il ne lui était confié que des missions défensives. Ce type de mission reléguait les groupes de la DAT en seconde plan, par rapport à ceux plus proches de nos frontières, dotés eux en 1940, de chasseurs plus performants (Curtiss H75(P36) ou Dewoitine D 520).

Appareil difficile à produire en série et doté une vitesse maximale inférieure au Me 109, le Bloch MB 152, appareil probablement de transition(1), il a pu tirer honorablement tirer son épingle du jeu(2), du fait certaines de ses qualités, telles que:
- sa manoeuvrabilité supérieure au Me 109;
- sa stabilité en tant que plate-forme de tir;
- ses remarquables capacités à encaisser les coups de l'adversaire;
- l'adresse et l'entrainement du personnel chargé de sa mise en oeuvre.

Dommage que:
- cet appareil ait été doté d'une radio de bord inefficace;
- bien que doté de nombreuses armes de bord, celles-ci s'enrayaient rapidement, notamment en altitude;
- que les alertes (par guet uniquement) se soient rapidement avérées inefficaces, car saturées ou trop lentes à parvenir aux groupes.

Au niveau de la doctrine d'emploi des forces aériennes, il semble également que le "saupoudrage" d'appareils pratiqué par les français se soit révélé moins efficace que la stratégie de la Luftwaffe qui consistait à utiliser des formations massives d'appareils aux missions complémentaires. Et alors la guéguerre que se jouaient l'armée de terre et la jeune armée de l'air, pour l'emploi des aéronefs n'a rien arrangé.

Partagé-vous la même opinion, ou avez-vous un jugement différent sur ce sujet ?

(1) le GC I/1 percevra ses D 520 en juin 1942

(2) 25 victoires pour 16 pertes (http://pagesperso-orange.fr/frenchaces/m+gc.html)


Bonjour Patrick,

entièrement d'accord.

Citer :
Dommage que:
....
- bien que doté de nombreuses armes de bord, celles-ci s'enrayaient rapidement, notamment en altitude; ...


Pourtant des hommes du G.C. I/1 avaient trouvé une solution (on pourrait presque diire un remède) pour empêcher l'enrayement des mitrailleuses en haute altitude. Une visite de l'Inspection de l'Armée de l'Air avait mis tout cela à zéro. "Ce n'est pas au pilote de dire aux techniciens aéronotiques ce qu'il faut faire ... !

Citer :
Et alors la guéguerre que se jouaient l'armée de terre et la jeune armée de l'air, pour l'emploi des aéronefs n'a rien arrangé.


Encore une fois, c'est une réalité (qu'on a longtemps sous-estimé). Mais il ne faut pas oublier non plus, les inamitiés entre hauts gradés de la l'Armée de l'Air, je pense notamment à l'accrochage entre Pinsard (commandant du Groupement de chasse 21) et son homologue du Groupement de chasse 23, le général Romatet.

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MessagePublié : mer. sept. 03, 2008 9:03 am 
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Un des passages du livre à la journée du 17 mai illustrant mon propos :

Ces contre-ordres et ces retards sont très mal accueillis par les pilotes qui attendent tout équipés sur le terrain. Chacun est conscient de l’effort à four-nir, mais l’attente est longue et énervante.
En fait il s’est passé ceci : le Général Pinsard n’a pas admis qu’un ordre soit donné directement à l’un des groupes qui étaient sous son commandement, par le Général Romatet, commandant le Groupement 23. Il en est résulté de nombreuses conversations téléphoniques dans le but d’établir qui devait donner les ordres à qui ! Conflits d’Etat-Major fort dommageables pour la réussite des opérations et surtout sur le moral des pilotes. Ce n’est peut être pas le moment opportun d’avoir des querelles d’Officiers, alors que des faits ô combien importants se déroulent à quelques kilomètres de là ! Les pilotes n’ont pas besoin de savoir leur généraux en conflits, alors qu’eux vont partir en mission. L’affaire se règle dans l’urgence. Les groupes du Groupement 21 sont mis sous les ordres du Général Romatet du Groupement 23.

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MessagePublié : mer. sept. 03, 2008 15:40 pm 
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Inscription : dim. juil. 27, 2008 19:44 pm
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A l'appui de ce vous écrivez, je relève dans Icare n°156 consacré à la bataille de France (tome IV), le témoignage du général Victor Tanguy consacré au: sous-lieutenant Jean Ruby, "mort pour la France" du GC I/8(1):
"...pour tenter de donner une explication au comportement du sous-lieutenant Ruby au cours de son dernier combat(2), je me dois de préciser l'ambiance qui régnait à cette date au sein du GC I/8.
Ce dimanche 19 mai 1940, le sous-lieutenant Jean Ruby était un homme profondément meurtri. Il avait vécu l'avant-veille, soit le 17 mai, une journée de cauchemar.
Au cours d'une mission destinée à protéger une formation importante de LeO 45 du Groupement de bombardement n°6, il avait été désigné pour conduire à l'intérieur d'un dispositif important de 26 Bloch 152, la patrouille triple fournie par le I/8.
Cette mission fut un désastre, la formation de LeO 45 n'ayant pas été protégée.
La mission initialement prévue consistait à protéger entre 6h55 et 7h00, une formation de LeO 45 destinée à bombarder puis à mitrailler les convois ennemis aux alentours de Rozoy. Le rendez-vous avec les chasseurs devait avoir lieu à la verticale de Montcornet, à 6h50.
La protection par des chasseurs relevait de la compétence du général commandant le Groupement de chasse n°23. Manquant de moyens propres en nombre suffisant, ce Groupement désigna, d'autorité, un groupe de chasse rattaché organiquement au Groupement de chasse n°21.
Le général commandant ce Groupement n'accepta pas cette décision et fit annuler la mission, ignorant sans doute que plusieurs LeO 45 étaient déjà en l'air.
Ce conflit d'attribution, une fois résolu, eut pour conséquence une annulation de la mission initiale des LeO 45. Le bombardement de Rozoy fut abandonné au profit de celui de convois ennemis sur les routes reliant Fourmies, trélon et Chimay, les chasseurs les protégeant sur zone, aux mêmes heures, puis devant mitrailler ces mêmes convois.
En alerte depuis 4h45, les chasseurs ne décolleront qu'à 11h30.
Il est inutile de préciser dans quel état de fatigue et d'énervement se trouvaient tous les pilotes dans cette opération, chasseurs et bombardiers."

Le général Armand Pinsard commandant le Groupement de chasse n°21 était connu pour ses colères dont une est rapportée par le colonel Dutey-Harispe toujours dans ce même n°156 d'Icare. Le sous-lieutenant Dutey-Harispe s'ennuie ferme au II/10 de Rouen, excellent tireur et connu comme tel du général Pinsard, il lui fit (sans passer par la sacro-sainte voie hiérarchique), de pressantes demandes de changement de groupe car il l'avait en amitié.
Ces demandes, pas dans la forme voulue, revinrent au oreille de son commandant de groupe qui, profitant de l'occasion, le désigna comme officier de remorquage de cibles à Mourmelon, en représailles.
"J'allais tout droit trouver le général Pinsard qui, à l'annonce de cette surprenante nouvelle, rentra dans une de ses fameuses colères et, sautant sur le téléphone, il appela l'état-major général et tint, très exactement ce langage: "Vous êtes tombés sur la tête, vous m'enlevez mon meilleur tireur pour tirer des biroutes. Je demande qu'on le désigne pour un autre groupe de chasse. En attendant, je le mets en permission"".

Le Bloch MB-152 n'était pas un aussi mauvais avion que cela, l'avis de André Deniau (Icare n°156 page 93) du GC II/6: "Le 21 mai à Chateauroux, grande déception, il n'y avait pas d'avions disponibles ! Les Bloch 152 que nous devions toucher étaient encore en construction! Au début, nous n'avions qu'un seul Bloch pour tous nous entrainer les uns après les autres... Le Bloch 152 nous changeait évidemment du Morane 406: lourd au sol, mais en altitude excellent, agréable à piloter, très maniable. Son seul défaut à mon avis était la vibration de ses canons. Mieux armé que le Morane, il avait deux canons d'aile et deux mitrailleuses."

Je lis par ailleurs (le Fana de l'aviation HS n°7 page 82) que le général Romatet nommé chef d'état-major de l'armée de l'air accompagna le maréchal Pétain lors d'une visite à l'armée de l'air, après l'armistice (photo du SHAA). Le cliché a été pris devant des Bloch MB-152.

(1) doté de Bloch MB-152 et basé en renfort, à Chantilly-Les aigles
(2) il percute au-dessus de Montépilloy/Mt-l'Evêque(Oise) un bombardier Dornier Do 17 lors d'une attaque frontale de la formation, provoquant son sacrifice et la destruction des 2 appareils


Dernière édition par Patrick PALLIER le jeu. déc. 17, 2009 14:28 pm, édité 1 fois.

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